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> Petit déjeuner de la Sorbonne (14/03/02) <

 

Organisé par les étudiants du DESS de Communication Politique et Sociale de l'université Paris I, le débat à porté sur leur programme, autour d'un petit-déjeuner très copieux. 

Les principaux sujets ont été abordés par les intervants : 

Mr Stéphane FRANCE (Directeur du projet numérique de Canal Plus)
Mr Guillaume DE GUERRE (Secrétaire Général de TPS)
Mr Luc LAVENTURE (Directeur des antennes de RFO) - absent du débat
Mme Laurence LECOEUR (Chercheur à l'INA)
Mr Jean MINO (Directeur du projet numérique de France Télévision)
Mr Marc PALLAIN (Directeur délégué de NRJ Group)
Mr Marc RENNARD (Directeur général adjoint de TDF)

Ainsi que les personnes invités à participer à ce débat.

Ce débat à été présidé par Mr Henri WEBER (député de Seine-Maritime) et présidé par Mr Jean-Marie LE GUEN (député de Paris)

LA RECEPTION

Marc PALLAIN (Directeur délégué de NRJ Group) "La question est de savoir si l'antenne existante peut, oui ou non, recevoir le numérique. Est-ce qu'il y a besoin d'intervenir sur ces antennes ? Les 1ères expérimentations menées en Bretagne démontraient que 90 % de la réception individuelle pouvait se faire sans intervention sur les antennes. Il semble qu'aujourd'hui on soit un peu plus prudent. On parle de 70 %".

LA DESSERTE

Marc PALLAIN "Dans un premier temps, on aura principalement une desserte en urbain et en péri-urbain. Pourquoi ? Parce-que le CSA a planifié d'abord les zones des grandes villes (Paris, Lyon, Marseille, Toulouse…)."

LE CONTENU

Question d'Alessandro SARNO (journaliste-présentateur à CANALWEB) "Est-ce le service public veut donner la parole au public, faire en sorte qu'il s'exprime non pas seulement en chantant dans "Star Académy" ou "Pop Star", mais aussi pouvoir soulever des débats citoyen et donner la possibilité grâce à la TNT d'ouvrir une chaîne de débat ?"

Réponse de Christian DAURIAC (Directeur du projet numérique de France 3) "S'il s'agit de faire la télévision des années 80 multiplié par 3, je pense que nous nous trompons y compris sur l'évolution de la demande des téléspectateurs. Je crois que la régionalisation, les télévisions locales et régionales ont une dimension importante et l'interactivité est une question très importante."

Réponse aussi de Marc PALLAIN "S'il s'agit de dupliquer plus ou moins bien l'offre analogique actuelle, je crois que la TNT aura des difficultés à avoir un certain succès."

L'INTERACTIVITE

Nicolas BRUN (Directeur de la communication de NETGEM) "Une multiplication de chaîne, cela veut dire qu'il va falloir une multiplication de revenu. L'interactivité sera un gros pourvoyeur de revenus pour l'ensemble de ces chaînes. Actuellement, elles ne représentent pas des revenus très importants, mais cela pourrait changer. Par exemple M6 avoue avoir plus de 30 % de ses revenus sur des produits dérivés ; ils sont dans une tendance de rééquilibrage de revenus entre la publicité et le reste des revenus qu'une chaîne peut avoir."

NDLR : NETGEM a lancé une lecteur interactif qui permettra de recevoir les chaînes gratuites, les payantes à travers un lecteur à carte et accéder à internet.

RENTABILITE

Philippe CHAZAL (président de l'ACCESS - association des chaînes du câble et du satellite) "Il est évident qu'il y a un problème d'arbitrages que doivent faire les différents candidats. C'est de savoir ce qu'ils vont dépenser en terme de diffusion et ce qu'ils vont investir en terme de programme, de communication et de marketing. Ne nous trompons pas d'arbitrage. Ils doivent d'abord être en faveur des contenus, de la capacité à développer des contenus qui existent déjà. A lancer et enrichir des contenus. A la télévision, les programmes coûtent cher et c'est d'abord cela qui va faire le succès ; donc ne soyez pas maximalistes en terme de distribution. Il faut qu'il y ait suffisamment d'argent. Le succès de la TNT dépendra aussi de la simplicité de l'offre. En terme d'investissement, de besoin de financement d'une chaîne qui se lance ou qui doit se lancer, il faut au minimum 7,6 millions d’euros et jusqu'à 23 millions d’euros. Tout cela rentabilisé sur 5-7 ans. Je voudrais que dans la décision, ces éléments soient remis au centre du débat."

Henri WEBER (Sénateur de Seine-Maritime) "Il est juste de rappeler que les chiffres que vous avez avancés sont éventuellement ceux pour une chaîne cryptée, car pour le clair, vous pouvez multiplier par 3 au minimum les chiffres."

CONCLUSION

Jean-Marie LE GUEN "Le numérique à échelle de 10-15 ans va de toute manière remplacer l'analogique."

Compte-rendu réalisé par Marie-Laure ARGELIER.