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> Le développement des télévisions locales en France, 3ème salon de la TV locale, 25 avril 2002 <

 

Etaient présents :

Michel FISZBIN, Zaléa TV (et Tiers Secteur Audiovisuel) 
Patrice MALLET, Directeur de TV8 Mont Blanc 
Stéphane MARTIN, Délégué Général du SNPTV (Syndicat National de la Publicité TV)
Philippe TALIANOZZI, TDF 
Philippe LEVRIER, Conseiller du CSA
Claude PATIN, PDG de Canal 32 (Troyes)
Elisabeth CLEMENT, Union des TV locales de Service public
Gilles CREMILLIEUX, Clermont Première (Groupe La Montagne)
Michel LAMARQUE, TVPI (Pays Basque)
Jean-Michel SAUVAGE, président du SIR

 

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Plan : Introduction
Résumé des propos tenus

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Introduction par Philippe Lévrier, CSA

D’une manière générale, le Conseiller rappelle que l’autorité de régulation de l’audiovisuel reste favorable au développement des télévisions locales indépendantes. Il a toutefois insisté sur le fait que le CSA, en tant qu’autorité administrative indépendante, ne peut agir que dans le cadre de ses compétences législatives et réglementaires et qu’il ne lui est pas loisible de faire évoluer les freins techniques, juridiques et économiques au gré des demandes des acteurs.

Au plan technique, le CSA avait procédé au gel des attributions de fréquences à cause de la planification liée à la TNT. Depuis, le Conseil s’est déclaré prêt à débloquer des fréquences même en analogique pour des cas locaux.

Au plan juridique, le décret relatif au régime des télévisions locales ne devrait pas paraître avant fin 2002 d’après le Ministère de la Communication, sachant que ce décret fait l’objet de nombreuses concertations auprès des différents acteurs. D’après Philippe Lévrier, ce décret ne pose pas beaucoup de problèmes en lui-même car il s’agit juste de mettre en place un cadre stabilisé pour la TV locale. Le CSA souhaite lancer un appel à candidature à partir de la fin de l’automne. 

Une centaine de projets de TV locale est soumise au CSA lequel préfère lancer les appels à candidature selon les demandes présentées. 
Dans le cas de Paris, le Conseil souhaite que cet appel ne porte que sur une offre numérique au travers d’un 7ème multiplex réservé aux nombreux projets de TV locales associatives ou commerciales indépendantes. En Province, l’analogique reste possible.

A propos de l’expérimentation en cours sur le canal 35 à Paris, le Conseiller rappelle que ce canal est le seul disponible sans risquer de perturber les canaux déjà exploités. L’utilisation de ce canal est actuellement confiée à Towercast qui l’exploite en mode isofréquence à partir de ses 3 sites de diffusion jusqu’à fin juin 2002. A la fin de cette période, un appel à candidature sera probablement lancé pour de nouvelles expérimentations de diffusion («tower company» ou télévisions associatives).

 

L’expérience de Canal 32 à Troyes

Claude Patin en est le responsable et présente son antenne. La chaîne diffuse 2 heures de programmes locaux par jour conformément à la Loi. Les quotidiens du département sont partenaires du projet. Elle couvre un bassin de 180000 personnes avec environ 60000 initialisés. Monsieur Patin rappelle que l’initialisation prend du temps et que les annonceurs ne peuvent patienter.

Un autre problème vient des antennes collectives qui font l’objet de filtrage et donc nécessitent une adaptation pour permettre aux raccordés de recevoir les nouvelles chaînes. 

La chaîne coûte environ 61000 Euros / mois pour environ 15244 Euros de rentrées publicitaires. La plupart des publicités sont produites en interne par des passionnés.

 

L’expérience de Clermont 1ère

Cette chaîne est également financée par la PQR puisqu’elle appartient au journal « La Montagne ». Son budget est de 1,982 M€ / an, dont 50% vont à la masse salariale de 30 personnes réparties entre la diffusion, la gestion et la production. 

Pour son représentant Gilles Crémillieux, les attentes du public sont centrées sur 3 éléments :
- l’information de proximité
- une ouverture à la vie associative
- le sport local

Au sujet du sport, Monsieur Crémillieux rappelle les blocages qui existent en raison de l’acquisition des droits sportifs par les grands groupes nationaux qui n'en font pas forcément usage alors que des petits clubs dont on parlerait pourraient apporter de l’audience.

D’autre part, le représentant de la chaîne auvergnate met l’accent sur la nécessité d’un professionnalisme nécessaire. Et à son sens, une marque de professionnalisme est de s’intéresser aux mesures d’audience sachant que les premiers chiffres montrent que la télévision locale correspond à une attente des téléspectateurs. 

 

Michel Fiszbin - Zaléa TV (et Tiers Secteur Audiovisuel)

Sur un ton plus revendicatif, Michel Fiszbin souhaite « l’émergence d’une autre télévision » et soulève en problème de fond l’exercice des libertés publiques. Il demande au CSA de favoriser les chaînes associatives plutôt que de les interdire d’antenne au moment des élections. 
Il reproche au CSA de n’avoir pas pris en compte la demande d’utiliser le canal 35 parisien depuis 2 ans et souhaite que ce canal ne soit pas réservé à un 7ème multiplex mais plutôt à un canal analogique. 

Au niveau local, le représentant du tiers secteur audiovisuel a demandé qu’1/3 des 3 canaux locaux soit réservé aux chaînes associatives et qu’un canal sur les 30 nationaux de la TNT le soit aussi. 

Ensuite, il poursuit en réclamant au Gouvernement une aide de 76.22 M€ pour soutenir les télés associatives. 

Enfin, il réclame l’accès des télévisions associatives sur les réseaux câblés et notamment celui de Noos. 

 

Patrice Mallet – TV8 Mont Blanc

En réponse à son prédécesseur, Patrice Mallet évoque la possibilité que la fourniture d’un temps d’antenne aux chaînes associatives devienne une des missions du service public. 

Sur la question relative aux contenus des locales, le représentant de TV8 Mont Blanc estime que les chaînes locales offrent un autre angle de vue de l’actualité par rapport « au catastrophisme des télévisions nationales puisqu’il y a des belles choses à montrer ». 

Plus optimiste également sur l’économie des chaînes locales, il revendique le fait qu’il n’y a pas que des chaînes qui perdent de l’argent. La sienne parvient à s’autofinancer hors coûts de diffusion spécialement importants en raison de la situation montagneuse de la zone de couverture. Cependant il reconnaît que les finances départementales sont mises à contribution. 

 

Elisabeth Clément, Union des Télés Locales de Service Public

Pour elle, les ancêtres des TV locales sont celles qui étaient prévues à l’origine sur les réseaux câblés mais il s’agissait alors plus d’expérimentation.

Elle reconnaît que l’appui des collectivités est nécessaire et se prononce en faveur de ce partenariat public / privé tout en restant réaliste sur les problèmes d’indépendance au cas où la ville se trouve éditeur. Elisabeth Clément précise que les TV qu’elle représente sont considérées comme ayant des missions de service public à tel point que leur financement public est réalisé par le biais de contrats d’objectifs et de moyens, notamment pour assurer la transparence. 

 

Philippe Lévrier, CSA

A cela, Philippe Lévrier répond que l’implication des collectivités locales reste un facteur clef et que ce système n’est pas très sain particulièrement au regard des objectifs de pluralisme poursuivis par le régulateur.

Cependant il semble souhaitable de mettre en place une harmonisation des modes d’intervention des collectivités quel que soit le média concerné. 

En plus des enjeux de pluralisme et de risque d’instrumentalisation, le Conseiller rappelle aussi l’impact des règles de concurrence dans ce secteur. 

 

Michel Lamarque - TVPI (Pays Basque)

Le responsable de TV PI a ensuite pris la parole pour rappeler que chaque année les mêmes questions reviennent parce que les locales ne tiennent que par la subvention.

Le cas de TV PI reste exceptionnel puisqu’il s’agit d’une télé périphérique. En effet émise à partir de l’Espagne, elle échappe par ce biais aux réglementations françaises. 
Cependant il précise que cela reste une télé « qui patine » car les annonceurs n’y croient pas. 

Selon Michel Lamarque : « toutes les conditions sont rassemblées pour qu’il n’y ait pas de télés locales en France ». Il se prononce pour une quasi absence de régulation au niveau local pour laisser aux téléspectateurs le choix ultime selon les audiences. 

 

Stéphane MARTIN, Délégué Général du SNPTV (Syndicat National de la Publicité TV)

Stéphane Martin soulève à son tour la question des secteurs économiques interdits d’antenne. Cependant pour lui, l’ouverture de la publicité télévisuelle locale à la grande distribution est une condition au succès des TV locales même si ce n’est pas suffisant. 

Certes, les télévisions permettent une offre élargie aux téléspectateurs mais la recherche de l’audience doit rester la règle d’or. En effet, même si les annonceurs sont présents au lancement des locales, c’est plutôt sous forme de mécénat. Ensuite ils veulent trouver une efficacité à leur investissement.

Au plan économique, un comité de réflexion se penche sur la question pour voir quelles nuisances l’arrivée de cette manne publicitaire sur le média télé local pourrait créer contre la presse quotidienne régionale. Selon Stéphane Martin, il s’agirait d’un blocage purement français car ailleurs en Europe, la presse régionale est toujours présente. 
Il signale d’ailleurs que des plaintes sont déposées devant les instances européennes pour aller dans ce sens. 

 

Gilles Crémillieux – Clermont Première (Groupe La Montagne)

A titre personnel, Gilles Crémillieux ajoute que le problème publicitaire des télés locales est surtout lié à une question d’image par rapport aux annonceurs et au professionnalisme mis en œuvre. Du point de vue de l’offre, il estime qu’une solution de télévision formatée serait envisageable en ayant comme priorité l’installation de télévisions locales dans les grandes métropoles régionales. 

A propos de la réglementation publicitaire, Gilles Crémillieux fait remarquer que des exceptions existent partout en Europe pour la télévision. Sur les conséquences pour la PQR, il rappelle que son journal (à titre d’exemple) tire 44% de ses revenus publicitaires de la grande distribution mais qu’il l’estime prête à en discuter. Aussi il juge nécessaire de prendre des précautions pour éviter une dérégulation sauvage afin que ce ne soit pas que les grandes chaînes nationales qui en tirent profit. 

 

Philippe Lévrier, CSA

Avant de devoir quitter la table ronde, le Conseiller précise que le choix de l’analogique ou du numérique pour les télévisions locales est une faculté sachant qu’il est clair que la meilleure initialisation se fera en l’état actuel des choses par l’analogique. 
Reste ouverte la question de savoir si les chaînes locales qui voudront migrer de l’analogique au numérique bénéficieront d’une forme de droit de priorité pour accéder aux canaux réservés sur les multiplexes.

Philippe Lévrier termine son intervention à titre personnel en invitant les acteurs de la télé locale à ne pas baisser les bras : « on ne peut pas être résigné… il ne faut pas penser que tout est ‘fouttu’ ». 
Rappelant l’ouverture engagée par la mise en place de la TNT, il estime qu’il y a en ce moment une fenêtre de tir assez courte pour voir s’il y a un modèle économique viable de la télévision locale. 
Il ajoute qu’il est nécessaire d’avoir un cadre harmonisé pour éviter que l’on n’ait que des télévisions locales pour les grandes métropoles. 

En raison de l’appétit réel de la population pour les programmes locaux, Philippe Lévrier met en garde de la possibilité de voir des grandes chaînes nationales réaliser des décrochages locaux ce qui empêcherait tout développement de télévisions indépendantes. 

Enfin, le Conseiller appelle les acteurs de la télévision locale à travailler ensemble, à se rencontrer pour « formuler une anticipation ».

 

Philippe Talianozzi, TDF

Pour Philippe Talianozzi , l’arrivée de la TNT n’est pas pour tout de suite mais dans quelques mois. Cependant il rappelle que c’est une ressource nouvelle.

Comme d’autres intervenants, il insiste sur la nécessité d’une télévision professionnelle car « ça ne peut être du bricolage ». 

A ce propos, il en profite pour indiquer que TDF reste présent pour conseiller les chaînes. 

 

Compte-rendu réalisé par Rémy PARIS.