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Cliquez ici pour accéder à
l'interview (fichiers MP3) d'Eric DEBEVE, responsable technique
et responsable de production à Télé-Toulouse, la plus importante chaîne
locale hertzienne après Télé Lyon Métropôle. Il nous parle de l'avenir des chaînes
locales en numérique terrestre et donne son opinion sur cette nouvelle technologie. |
Autant dans le
domaine de la diffusion numérique par satellite, la France fait figure de
précurseur en Europe et même dans le monde, autant concernant la diffusion numérique
terrestre, notre pays est à la traîne. Ici comme ailleurs, le démarrage de cette
technologie est subordonné à la mise en place d'un cadre réglementaire par l'Etat.
(Satellite TV de février 1998).
Le relatif
retard de la France dans la TVNT
En 1998, alors que
l'Angleterre, la Suède et l'Espagne ont déjà fixé le cadre juridique de la TVNT, les
pouvoirs publics français restaient très discrets. Ils étaient confortés dans leur
lenteur par les grands investisseurs du côté des diffuseurs notamment (TF1, France
Télécom, Canal+, CGV...) qui ont beaucoup dépensé pour la télévision numérique par
satellite : la TVNT devait donc attendre !!!
Pourtant, certains
acteurs français préparaient dans l'ombre la télévision hertzienne de demain. Tout a
commencé par un rapport de Philippe Lévrier qui a été remis en mai 1996 au ministre de
la Culture et au ministre délégué à La Poste, aux Télécoms et à l'espace. L'année
suivante, deux groupes de travail ont été mis en place. Le premier piloté par l'ANFR
(Agence Nationale des Fréquences) a traité des fréquences et le second, piloté par le
ministère de l'industrie, s'est intéressé à ce que pourrait être le futur
téléviseur numérique.
Il en est ressorti pour
le premier groupe que la capacité actuelle du réseau de télédiffusion pouvait
supporter 6 multiplexes. Ces 6 réseaux pourraient offrir entre 25 et 30 chaînes et
desserviraient 75 à 85 % de la population.
Par ailleurs, le rapport
de Monsieur Lévrier rappelait une évidence : la préparation d'un cadre juridique
adapté au numérique terrestre, et donc le vote d'une nouvelle loi sur l'audiovisuel
était nécessaire.
Si la France est en
retard pour la mise en place de la TVNT sur son territoire, elle est en avance d'un point
de vue technique. TDF est entré en 1997 dans le capital de la société américaine CTI
(Castel Transmission International) qui est en charge des réseaux numériques terrestres
en Grande-Bretagne pour les chaînes publiques et privées (BDB). TDF a donc acquis dès
le lancement de la TVNT en Europe une grande expérience dans ce domaine. Quant aux
industriels, ils travaillent depuis 1997 sur les futurs téléviseurs numériques avec
décodeurs intégrés.
Expérimentations
de la TVNT
C'est en 1998 que sont
lancées les premières expérimentations du numérique terrestre en France.
Des petites expériences
sont opérées par TDF (à Metz) ou à l'occasion par des entreprises privées
spécialisées dans l'installation d'émetteurs de télévision (citons par exemple
EMETTEL à Nogent le Roi, avec l'accord du CSA). Tous furent concluants !
TDF a choisi la 19ème
édition des Universités d'été de la communication (août 1998) à Hourtin, dans
le Médoc, pour présenter au public une première expérimentation grandeur nature de
diffusion numérique terrestre. TDF s'était équipé pour l'occasion des premiers
terminaux TVNT commercialisés quelques mois après en Grande-Bretagne. Deux types de
diffusion furent proposés : une chaîne locale animée par un JRI (Journaliste Reporter
d'Images) se baladant dans les colloques ainsi que la reprise des chaînes nationales en
flux numérique. Première expérience : premier succès. L'image et le son étaient
parfaits et le signal numérique en réception était d'une résistance à toute épreuve.
C'est un mois après le
rendez-vous d'Hourtin qu'a démarré la plate-forme expérimentale bretonne, créée par
TDF à la demande des pouvoirs publics. Trois sites (Rennes, Vannes et Lorient) ont été
"numérisés". Cette expérience grandeur réelle a permis de tester les
émetteurs de grande puissance, émetteurs complémentaires et réémetteurs. Les
équipements de tête de réseau et les deux émetteurs pour diffuser deux multiplex de
programmes numériques (constitués à partir des transports satellites ou terrestres)
étaient installés à Rennes. Chaque multiplex était composé de quatre ou cinq
programmes suivant le choix des chaînes diffusées par TDF.
TF1 et France
Télévision pour ne citer qu'eux ont participé à cette expérience.
Documents graphiques à consulter
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La plate-forme
expérimentale bretonne a été profitable pour tous les futurs acteurs de la TVNT en
France :
- - les diffuseurs ont pu évaluer la
couverture d'un émetteur numérique, de vérifier la capacité de réception chez les
particuliers avec des antennes collectives, particulières ou encore intérieures.
-
- - les industriels ont eu l'opportunité
de tester leurs produits.
-
- - les opérateurs de télévision et de
services (TF1, service public...) ont eu un outil pour tester leurs programmes en
numérique, leurs nouveaux services multimédias (guide des programmes par exemple), les
différentes techniques de contrôle d'accès, ainsi que des décrochages locaux.
La mise en uvre
de la plate-forme Bretagne a permis de valider l'ensemble de la chaîne du signal
numérique sur un réseau grandeur réelle. (Satellite TV août 1999 P.12).
Les premiers résultats
de cette expérience ont été concluants. Selon un rapport publié par le Gouvernement : "les
premiers résultats de l'étude de planification de fréquences de six multiplex
numériques sur les sites de Rennes-Saint Pern et Vannes-Moustoir'Ac montrent que
seulement treize réaménagements de réémetteurs analogiques de petite puissance sur
trente-six prévus par les études seront nécessaires pour l'introduction de ces six
nouveaux canaux."
"Pour la
diffusion des deux premiers multiplex de la plate-forme, seulement deux canaux analogiques
ont du être réaménagés sur les dix prévus par les études détaillées. Les premiers
résultats de mesures de couvertures réalisées par TDF montrent que la zone de
couverture du canal numérique est très similaire et même légèrement supérieure par
endroits à la zone de couverture du canal analogique."
Quant aux râteaux
des particuliers, les tests de TDF montreraient que "90 % des particuliers sont en
mesure de recevoir la télévision numérique sur leurs antennes individuelles existantes.
10 % des installations de réception devront être adaptées."
Des rapports
pour préparer le cadre juridique de la TVNT
Parallèlement à ces
expérimentations, le gouvernement a fait appel à des professionnels du PAF pour
préparer son projet de loi sur l'audiovisuel : un rapport a été rédigé par
Jean-Pierre Cottet, ancien directeur des programmes de France Télévision et Gérard
Eymery, directeur délégué chargé du pôle développement et multimédia à France
Télévision. En résumé, ils ont estimé que notre pays pouvait disposer, vers 2015,
d'un paysage audiovisuel remanié avec :
- - un réaménagement complet de
l'affectation du bien rare que constitue le spectre des fréquences hertziennes;
-
- - des offres nouvelles, assez
largement régionales et locales, mieux adaptées aux modes de vie des français;
-
- - de nouveaux opérateurs, dans une
politique entrepreneuriale;
-
- - un groupe audiovisuel public
renforcé, sécurisé dans ses missions, son devenir et son financement.
Ce rapport a été remis
au Ministre de la Communication en avril 1999.
Le CSA a également
travaillé et donné sa position sur la numérisation de la diffusion terrestre de la
télévision. Il estime indispensable que soient garantis les principes suivants :
- - l'élargissement de la liberté de
choix des téléspectateurs
- - la diversité et le pluralisme en
appliquant un régime d'autorisation service par service, après appel à candidatures
- - la fonction fédératrice des
programmes généralistes (nationaux ou locaux) et la valorisation de notre identité
culturelle
- - la libre concurrence effective dans
tous les segments de la filière
- - ne pas déséquilibrer l'économie
des opérateurs existants
- - l'émergence d'un secteur de
télévision locale et de proximité
- - la rapidité de la migration vers le
numérique pour que tous les acteurs et notamment les nouveaux entrants puissent trouver
au plus vite leur équilibre économique
- - la simplicité d'utilisation des
équipements (compatibilité de tous les systèmes)
- - la régulation plus que jamais
nécessaire au vu de tous ces principes et de la rareté des ressources
- - confier à une seule instance une
mission globale de régulation du secteur (le CSA).
La loi sur
l'audiovisuel
Le projet de loi,
modifiant la loi du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication et adopté
par l'assemblée nationale le 27 mai 1999 n'abordait pas la question du numérique
terrestre. Trop tôt semblait-il pour le gouvernement, qui n'avait pas eu le temps
d'étudier les rapports cités précédemment. C'est le Sénat, lors de l'examen du projet
de loi en première lecture le 26 janvier 2000, qui a introduit la TVNT. Plusieurs
amendements ont été adoptés en faveur d'un lancement rapide de la TVNT en France.
- 1ère lecture
Sommairement, voici ce
que le Sénat a adopté en première lecture du projet de loi en ce qui concerne la TVNT :
Les chaînes locales et
régionales trouveront toute leur place dans ce nouveau système technologique. France
Télévision et le secteur public verront leurs missions renforcées en leur accordant 2
multiplex, et ils auront en plus la possibilité de confier au service public la
distribution d'une troisième offre réservée aux services locaux.
De leur côté, les
chaînes privées dites "historiques" (TF1, M6 et Canal +) pourront obtenir
entre 2 et 6 canaux numériques. Ils disposeront au minimum d'un canal pour dupliquer en
numérique (simulcast) leurs programmes actuels, et d'un autre pour diffuser un nouveau
programme. Les 4 canaux restant feront l'objet d' appels à candidature, qui permettront
l'arrivée de nouveaux opérateurs (les "entrants") dans le PAF. Ces
"entrants" pourront obtenir de 1 à 6 canaux.
Le projet de loi sur
l'audiovisuel est donc revenu à l'assemblée pour une deuxième lecture, dans une version
enrichie. Les séances ont eu lieu les 21, 22 et 23 mars 2000. Le gouvernement a pu ainsi
introduire ses amendements "TVNT" qui donnent la priorité au service public et
encouragent l'arrivée de nouveaux "entrants" nationaux et locaux.
- 2ème lecture
Pour résumer au maximum
le projet de loi version 2, nous nous limiterons au mode d'attribution des canaux, en
laissant de côté les nombreux autres points abordés par l'assemblée (financement du
secteur public, constitution de la future Holding France Télévision...).
La loi de réforme de
l'audiovisuel, adoptée en deuxième lecture par l'Assemblée Nationale, a concrétisé la
priorité donnée par le gouvernement au secteur public qui devrait sortir renforcé par
les nouvelles dispositions adoptées. Deux multiplex lui seront attribués (un troisième
restant en suspend), qui engloberont les programmes de France Télévision (France 2,
France 3, La Cinquième), Arte/La Sept, RFO.
Les télévisions
régionales, locales et associatives auront une place privilégiée en numérique
terrestre : un multiplex pourrait leur être attribué. En outre, la TVNT permettra aux
chaînes nationales de proposer des décrochages locaux, impossibles aujourd'hui avec le
satellite.
Le opérateurs privés
n'auront droit qu'à 5 canaux maximum (au lieu de 6), disposition adoptée pour éviter
qu'un opérateur ait la main mise sur un multiplex entier. Le plafonnement du nombre
d'autorisations garantit que la concurrence pourra s'organiser, et donnera une réelle
chance aux nouveaux opérateurs. Il y aura donc au moins deux opérateurs privés par
multiplex.
Le CSA aura la
responsabilité d'attribuer les nouvelles fréquences en numériques.
Le texte est repassé
devant le Sénat en deuxième lecture. Le Sénat a adopté un
amendement de la commission des affaires culturelles qui prévoit l'attribution de
multiplexes entiers (six chaînes à la fois) à chacune des cinq chaînes publiques
(France 2 et France 3) et privée (TF1, M6 et Canal+) présentes sur le réseau hertzien
analogique. Une sixième serait réservée aux programmes locaux.
L'assemblée et le Sénat
s'opposent donc sur le mode d'attribution des futures fréquences numériques. Le projet
de loi a fait l'objet d'une commission mixte paritaire (CMP) où sept députés et sept
sénateurs ont tenté de trouver un difficile point d'accord. Sans succès.
- Nouvelle
lecture et texte définitif
Le texte est repassé
devant l'Assemblée Nationale le jeudi 15 et le vendredi 16 juin 2000. Les députés
ont rétabli le texte dans la version qu'ils avaient adoptée en deuxième lecture (en ce
qui concerne la TVNT : attribution "service par service" et non multiplexe par
multiplexe) et supprimé la plupart des modifications apportées par le Sénat (dépêche
REUTERS). Le Sénat a à son tour examiné ce texte le mardi 27 juin.
Enfin, l'Assemblée
Nationale a procédé à sa lecture définitive le mercredi 28 juin 2000, adoptant ainsi
le projet de réforme de l'audiovisuel après plus d'un an de navettes parlementaires.
Le texte définitif
reprend les points adoptés en 2ème lecture par l'Assemblée Nationale : attribution des
fréquences service par service, 5 canaux maxi par opérateur privé...
- Promulgation de
la loi
Après la validation de
l'essentiel du texte par le Conseil Constitutionnel le jeudi 27 juillet 2000, la loi sur
l'audiovisuel a été promulguée le 1er août 2000 et publiée au Journal officiel du 2
août 2000.
A consulter : Loi n°2000-719 du 1er août 2000 (J.O. du 2 août 2000) [sur
le site de Legifrance] |
La télévision
numérique terrestre a enfin son cadre réglementaire en France !
Appels à
candidatures pour l'attribution des fréquences
Les appels à candidatures pour
l'attribution de 36 chaînes en numérique hertzien pourront être lancés "au cours
du premier semestre 2001", d'après le président du CSA Hervé Bourges, lors d'un
colloque sur la télévision numérique terrestre au printemps 2000.
Ce calendrier est effectif depuis
l'adoption définitive par le Parlement de la loi sur l'audiovisuel à la fin du mois de
juin.
"Le programme de
planification des fréquences utilisables pour les 6 multiplexes, qui a été établi par
la direction technique du CSA, s'étale sur 3 ans", a précisé le président du
Conseil supérieur de l'audiovisuel. Mais d'ores et déjà, pour la plus grande partie de
la population française, cette planification sera achevée au cours du premier semestre
2001.
Après le lancement des appels à
candidatures, le démarrage des émissions et services devrait intervenir "fin 2001
ou début 2002" (fin 2002 aux dernières nouvelles). (Dépêche AFP du
vendredi 9 juin 2000)
Les principaux
intéressés
Plusieurs opérateurs
nationaux, privés ou publics, existants ou à venir, vont se jeter dans la course aux
fréquences. Les opérateurs privés ont des projets de chaînes pour la diffusion en
numérique de terre mais ils ne savent pas combien de fréquences ils disposeront : 2 ? 5
?
Les chaînes citées
ci-dessous ne seront donc pas toutes diffusées en numérique terrestre.
- Les opérateurs
historiques (ou existants)

- TF1, TF6*, LCFI*, TV Breizh,
LCI, Odyssée, Shopping Avenue...
- (filiale : TF1 Digital)
* TF1 a dans ses cartons
deux projets de chaînes pour le satellite, mais qui auront probablement leur place en
numérique terrestre :
- - TF1 et M6 se sont associés pour
lancer une chaîne généraliste destinée aux moins de 50 ans : TF6. Lancement sur le
satellite et le câble en décembre.
- - LCFI : La Chaîne Financière
-
 
France 2,
France 3, La Cinquième*, Régions, Euronews, Histoire, Mezzo, La Chaîne Parlementaire,
Festival, chaîne d'info**, chaîne des régions**, chaîne de sports**, multichoix**,
chaîne arts et spectacles**...
- * La Cinquième prépare une chaîne
pour les 15-25 ans (infos, mags et docs).
- ** Ces 5 chaînes sont des projets de
France Télévision (en partenariat avec ARTE pour la dernière) qui seront diffusées sur
le câble, le satellite et la TVNT.
-

Arte, Culture
en France*, Culture du Monde*, Sagesse (?)*, chaîne art et spectacle**...
- * Quatre chaînes en projet pour Arte
en numérique terrestre. Le contenu de la future chaîne Sagesse m'échappe un peu !
- ** En partenariat avec France
Télévision. Est prévue pour le câble, le sat et la TVNT.

M6, M6 Music,
Série Club, Club Téléachat, Fun TV, TF6*
* TF1 et M6 se sont
associés pour lancer une chaîne généraliste destinée aux moins de 50 ans : TF6.
Lancement sur le satellite et le câble en décembre.

Canal + contrôle un
certain nombre de chaînes thématiques (filiale : Multithématiques) et possède 3
variantes numériques sur le satellite et le câble.
- Les nouveaux
opérateurs en diffusion hertzienne (ou entrants)
- Canalsatellite, TPS et le groupe AB ont
des ambitions dans la future TVNT.
-
 

RTL9, AB1,
Escales, Animaux, Moteurs et RFM, chaîne senior*
- * Le groupe AB compte créer une
chaîne pour les seniors, qui pourrait être diffusée en numérique terrestre.
-
D'autres opérateurs ont d'ores et
déjà annoncé qu'ils seraient candidats pour des fréquences : Lagardère, Pathé... RFO
pour le service public.

Beaucoup de téléspectateurs
souhaitent une renaissance de La Cinq (version Berlusconi). La TVNT est l'occasion en or
de retrouver l'esprit 5. Je vous conseille la visite du site historique de La Cinq : il est tout simplement remarquable.
Et les foyers français ?
Sont-ils intéressés ?
Selon la première vague du baromètre Ipsos
sur la télévision numérique terrestre (septembre 2000), 70% des Français se déclarent
intéressés à l'idée de disposer d'une offre télévisuelle élargie. Lire l'article issu du site
Canal Ipsos.
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