| La
télévision numérique par voie terrestre consiste à transmettre des programmes
télévisés sous forme d'un signal numérique (MPEG/DVB-T) à partir d'émetteurs placés
au sol (et non par satellite ou par câble). Jusqu'ici, les grandes chaînes télévisées
sont transmises sous forme d'un signal analogique terrestre en Secam. Aujourd'hui la
transmission numérique MPEG2/DVB est utilisée uniquement dans les diffusions
satellitaires (TPS, CanalSat...) et quelques reprises sur certains réseaux câblés (Télé
Satellite de mars 2000). Très bientôt, le numérique révolutionnera donc à son tour
notre bonne vieille télévision hertzienne.
Mais comment la technologie numérique
s'est imposée dans notre vie courante, et pas seulement dans le domaine de la
télévision ?
La révolution numérique
Le numérique : qui ne connaît pas
aujourd'hui le fonctionnement de base de cette technologie incontournable, qui consiste à
coder l'information pour former une suite de 0 et de 1? Pourtant, le numérique était un
mystère pour le grand public au début des années 80. Seuls les informaticiens
côtoyaient le langage binaire au travers des énormes systèmes informatiques.
L'ordinateur s'est ensuite miniaturisé pour entrer timidement dans les foyers. La
révolution était en marche.
Nos appareils utilisés
quotidiennement ont débuté leur conversion au numérique. A commencer par nos chaînes
HI-FI. Le bon vieux vinyle a été balayé par le compact-disc. Inutile de citer tous ses
atouts par rapport à son ancêtre. D'autres produits ont suivi avec plus ou moins de
succès : la cassette audio numérique (DCC, DAT et plus récemment le minidisc), la
vidéo (laser disc, DVD), la photo, le courrier (e-mail), et enfin... la télévision.
Le satellite fut le champ d'essai et
reste encore le support idéal pour les transmissions numériques. Voici un bref
historique de la numérisation des programmes satellitaires.
28 octobre 1988 :
lancement du satellite TDF1, dédié au D2Mac (haute définition avec son numérique).
1989 : lancement du
satellite TVSat1 et diffusion de 4 chaînes D2MAC allemandes. En France, La Sept est
la seule chaîne à diffuser du D2MAC sur TDF1.
Juillet 1990 : MCM
monte sur TDF1 en D2MAC.
Fin 90 : Antenne 2 se
lance sur la voie chaotique du D2MAC.
1991 : lancement des
abonnements à Canal+ en D2MAC, petit bouquet sécurisé par le lancement de TDF2. Les
chaînes proposées étaient : La Sept, Canal+, Antenne 2, MCM et Canal J. Cette dernière
jettera l'éponge au bout d'une semaine seulement, le D2MAC étant trop cher pour une si
petite chaîne.
1992 et 1993 :
lancement en D2MAC 16/9ème de deux chaînes sur Télécom 2A : Supervision et
CinéCinémas.
1992 : c'est
l'apogée du D2MAC grâce à des grands évènements sportifs : jeux olympiques
d'Albertville et de Barcelone, Roland Garros.
Février 1996 :
Direct TV, 1er bouquet de chaînes numériques par satellite est lancé aux Etats-Unis. Il
compte pas moins de 150 chaînes.
27 avril 1996 :
commercialisation du bouquet Canalsatellite Numérique, 1er bouquet numérique en Europe.
Mai 1996 : Canal+
propose C:direct, chaîne de téléchargement de programmes informatiques et multimédias
sur PC.
Septembre 1996 :
Canalsatellite Numérique inaugure le Kiosque D1, c'est à dire la possibilité de payer
pour voir un ou plusieurs matches de football en exclusivité. C'est le "paiement à
la séance" (pay-per-view).
Décembre 1996 : AB
Sat démarre la commercialisation de son bouquet numérique. A la fin du mois,
Canalsatellite compte 220 000 abonnés.
Janvier 1997 :
lancement du 3ème bouquet numérique français : TPS.
Avril 1997 :
Canalsatellite Numérique propose à ses abonnés de suivre en direct sur le Kiosque les
Grands Prix de Formule 1 sur 7 canaux.
Mai 1997 : TPS met en
place différents services interactifs gratuits accessibles à partir de la télécommande
du terminal.
Novembre 1997 : la
1ère génération de terminaux numériques spécialement dédiés au marché de la vente
apparaissent.
(...)
Après le satellite et plus récemment
le câble, c'est donc au tour de l'hertzien d'être numérisé.
Mariage réussi entre la
télévision et la technologie numérique
Pourquoi le numérique est-il autant
à l'honneur dans le domaine de l'audiovisuel ?
Cet extrait d'un rapport remis au
ministre de la communication en avril 1999, rédigé par Jean-Pierre Cottet, ancien
directeur des programmes de France Télévision et Gérard Eymery, directeur délégué
chargé du pôle développement et multimédia à France Télévision, résume en quelques
phrases le succès du tout numérique dans le monde de l'audiovisuel.
Les questions qui accompagnent la
mutation du réseau terrestre hertzien s'inscrivent dans le contexte, beaucoup plus large,
du développement des techniques de communication numérique et du mouvement de
convergence. Cette évolution mondiale est justifiée par les performances techniques du
numérique en matière de production de programmes audiovisuels et de leur diffusion,
associée à la diversité des modes de transport (satellite, câble, hertzien terrestre,
réseaux filaires comme l'ADSL, etc.). Cette évolution du "hard" a évidemment
des conséquences sur la forme, le contenu, l'économie des programmes et la structure des
grilles de programmes. A leur tour, elles engendrent des changements dans les modes de
consommation de la télévision par le public. Fabrication, diffusion, stockage, le
"tout numérique" devient désormais possible et appelle à une cohérence
technique des différents réseaux. (source : "la TV numérique hertzienne
terrestre", rapport de Jean-Pierre Cottet et Gérard Eymery. Avril 1999.)
Les raisons évidentes du passage au
tout numérique sont nombreuses :
- les opérateurs TV sont très
favorables au numérique car il abaisse les coûts de diffusion par rapport à
l'analogique grâce à l'harmonisation des techniques de diffusion et la compression
numérique qui permet la diffusion de plusieurs chaînes au lieu d'une seule en
analogique. Ces capacités supplémentaires permettent aux opérateurs de proposer des
chaînes de complément ou de multidiffuser leurs programmes. On a l'exemple de Canal +
avec ses déclinaisons (bleu, vert, jaune). En outre, la baisse des coûts en numérique
facilite le lancement et la réussite de nouveaux opérateurs dans le monde de la
télévision.
- Les téléspectateurs ont un choix
plus vaste de programmes et de services. Ils bénéficient d'une qualité (théoriquement)
irréprochable de l'image et du son. Le numérique ouvre les portes du
"home-cinema", en français le "cinéma à domicile". Il est en effet
possible de diffuser des programmes en 16/9ème et en Dolby Digital. Le numérique, c'est
aussi une nouvelle façon d'utiliser la télévision, grâce à l'interactivité : guide
des programmes, services à la carte (météo, informations, offres d'emplois...). Bref,
le téléspectateur n'est plus passif devant son téléviseur.
- la possibilité d'offrir Internet à
haut débit, quelque soit le mode de transport utilisé (câble, satellite, hertzien...)
La logique veut donc que notre bonne
vieille télévision hertzienne se convertisse au numérique. |