La RTS va cesser d'émettre en France, sur fond de tensions avec le Grand Genève
Depuis quelques jours, un bandeau prévient les spectateurs de l’arrêt prochain de la diffusion de la RTS en France voisine. Une réalité doublée d’une polémique car l’opérateur, une société privée, met en cause injustement le Grand Genève…
Sébastien Colson - Aujourd'hui à 17:13 | mis à jour aujourd'hui à 17:23 - Temps de lecture : 3 min
Les chaînes de télé suisses ne sont plus diffusées via la TNT normalement.
C’est un bandeau d’information qui passe lors de la diffusion d’émissions de la RTS en France. Le message ? Les programmes ne seront bientôt plus visibles. Une mauvaise nouvelle pour les téléspectateurs français ou suisses de France, qui aiment bien regarder la saison de ski, le journal télévisé, ou la Ligue des champions, puisque la RTS reste l’une des dernières chaînes non payantes à la diffuser. Et le rappel d’un feuilleton qui avait duré un petit moment en 2019, après que la Société suisse de radiodiffusion avait choisi de ne plus diffuser la télé via la TNT (Télévision numérique terrestre).
La décision avait été brutale. Le Forum d’agglomération Grand Genève, qui représente la société civile était montée au créneau pour que soit trouvée une solution. Celle-ci était venue du GCLT Grand Genève qui avait accepté de mettre 90 000 francs par an pendant deux ans pour maintenir une diffusion TNT. L’idée était de faire en sorte que RTS1, RTS2 et Léman Bleu restent visibles en France voisine pour la cohésion sociale régionale, le temps qu’une solution émerge.
Mise en demeure par des avocatsChose que le département du Doubs avait également décidé de faire en 2020, soutenu financièrement par Canal Alpha, chaîne diffusant sur Neuchâtel et Jura. Mais ici, comme dans l’arc jurassien, aucune solution n’a pris le relais. Au bout de deux ans, logiquement, dans le Grand Genève, « les élus ont estimé que les acteurs publics n’avaient pas vocation à soutenir cette diffusion de chaînes de télévision » explique Thomas Linchet, administrateur du GLCT Grand Genève.
Ce qui est logique, mais comme le Pôle métropolitain du Genevois français était vraiment de bonne volonté, il a accepté une nouvelle convention d’un an, jusqu’à fin 2024, d’autant que la note avait fondu entre-temps. La convention a expiré fin 2024, sans être prolongée. Normalement, la diffusion des chaînes suisses aurait donc déjà dû s’interrompre il y a quelques mois. Mais voilà l’intermédiaire, une société nommée Swox télécom qui a acquis le canal de diffusion sur l’émetteur, n’a pas débranché tout de suite.
Et elle pourrait le maintenir, mais a besoin d’une rentrée d’argent en face, ce qui est légitime vu son caractère privé. En revanche, ce qui l’est moins, c’est le petit coup de pression qu’elle s’est autorisée via le bandeau d’information qui passe ces jours-ci. En plus d’annoncer la fin des programmes, il met aussi en cause directement le Pôle métropolitain et le Grand Genève, ce qui rend furieuses les deux collectivités. Celles-ci ont en effet fait le job, comme on vient de le raconter. Elles n’ont donc pas spécialement envie de passer pour les méchants de l’histoire.
Devant les difficultés de contact avec l’opérateur, elles se sont rapprochées de deux avocats, un Suisse, un Français pour mettre en demeure Swox de raconter toute l’histoire aux téléspectateurs, et pas seulement l’explication tronquée et partiale donnée via le bandeau. Voilà où l’on en est, avec cette perspective cette fois de voir la diffusion s’interrompre. Sauf que dans les dernières négociations, l’opérateur avait considérablement rabaissé ses tarifs, à 20 000 francs l’année. Une somme qui ne représente pas grand-chose. Notamment pour des chaînes qui pourraient avoir intérêt à investir vu l’élargissement de l’audience, mais on est là dans de l’hypothétique pur, car il n’y a rien de concret…