Non, tout le monde n'est pas au numérique. Bien loin de là. À Vézac, les habitants témoignent de leur quotidien devenu insupportable depuis le passage au numérique.
Marion Lapeyre
Déception, agacement, incompréhension, colère, désarroi? Depuis le 10 mai, les Vézacois en voient de toutes les couleurs et ont le sentiment d'être complètement abandonnés. Par qui ? Tout le monde. Pourquoi ? Parce qu'ils sont bien loin d'avoir obtenu tout ce qu'on leur avait promis lors du passage à la TNT. Au contraire.
« Dix-neuf coupures
en dix minutes »
« Nous avons été victimes pendant six mois d'une campagne publicitaire au sujet du passage de la télévision au numérique. On nous a demandé de nous équiper et de patienter. C'est ce que nous avons fait. Mais on attend toujours », déplore Alain Vérouil, maire de la commune de Vézac. En effet, depuis le 10 mai, les habitants du village subissent quotidiennement des coupures intempestives d'image sur leur télévision. « Nous avons acheté un nouveau poste et une nouvelle antenne pour le passage au numérique. En comptant l'installation, cela représente 750 ? d'investissement. Pour rien », témoigne Michel Untrau, avant de poursuivre : « Le 29 août, entre 12 h 20 et 12 h 30, nous avons eu 19 coupures ! ». Une situation que ce Vézacois est loin d'être le seul à connaître. « Nous avons dépensé 1.000 euros pour nous équiper et on ne peut même pas regarder les informations. Alors cela nous agace, on débranche tout, mon mari va à la pêche et moi au jardin. Seulement l'hiver arrive je n'aurais plus qu'à me mettre au tricot ! », commente Nicole Madrid.
Et quand des événements comme le passage du Tour de France dans le Cantal ou encore la Coupe du monde de rugby sont diffusés, les déceptions sont encore plus grandes. « Le Tour de France, on s'en faisait tout un film, mais on n'a rien pu voir », s'indigne Martine Untrau. « Quand je regarde mes émissions de cuisine, je n'ai même pas le temps de noter une recette en entier », déplore Nicole Madrid. « Je pense surtout aux personnes âgées qui n'ont que la télévision. Qu'est-ce qu'elles vont faire », se soucie Martine Untrau.
Au total, ce sont plus de 600 habitants - sur 1.200 - qui sont touchées par le phénomène. « J'ai discuté avec les maires d'autres communes et nous ne serions apparemment pas les seuls à avoir des soucis. Saint-Simon, Yolet Roannes-Saint-Mary, ou encore Sansac-de-Marmiesse seraient également concernées », raconte le maire, qui se trouve autant désemparé que ses administrés.
« J'ai dû passer près de 200 coups de fils à des tas de services, mais tout le monde se renvoie la balle et personne ne nous tient au courant de rien ». Alors, chacun y va de son commentaire pour tenter de trouver une explication. « Peut-être cela vient-il du relais secondaire installé sur les hauteurs de la commune » ; « peut-être est-ce le relais primaire, à Labastide du Haut-Mont, qui ne fonctionne pas bien ». Et peut-être que tous ces dysfonctionnements ne seraient pas causés par un quelconque relais. « J'ai la télévision par satellite, je suis équipé d'une parabole, mais je subis également des coupures », explique Philippe Zénon.
Un collectif pour porter
le mécontentement
Alors que se passe-t-il ? Pourquoi les Vézacois, depuis le passage au numérique, ne peuvent plus regarder leur poste de télévision sereinement ? Pourquoi personne ne leur répond ? Que doivent-ils faire ? Beaucoup trop de questions qui restent en suspens et qui attendent une réponse. Mais les Vézacois sont loin de baisser les bras et compte bien faire entendre leur mécontentement « Nous avons monté un collectif et avons informé le président du Conseil général de notre situation ». La suite au prochain épisode.
Source : http://www.lamontagne.fr/editions_local ... MBR0-.html

