Angers 7 : les collectivités réfléchissent mais...
L'association des téléspectateurs pour sauver Angers 7 a été créée hier soir au café des Orfèvres.
Alors que les salariés se battent pour sauver leur chaîne, en soutenant un projet de société coopérative, certaines collectivités laissent entrevoir des réserves sur le montage financier.
« On ne veut pas voir mourir notre télé », lance une Angevine. Quatre-vingts personnes ont assisté, mardi soir, à la création de l'Association des téléspectateurs d'Angers 7 au Café des Orfèvres. Parmi eux, Xavier Massé, délégué du festival Premiers plans : « J'aime Angers, j'aime mes médias, et j'aime ma télé ! », a-t-il lancé avant un débat passionné sur l'avenir d'Angers 7.
Trois jours : c'est le temps qu'il reste aux salariés pour boucler leur projet de reprise. Leur copie doit être rendue le 7 mai et le tribunal de commerce tranchera cinq jours plus tard. Il étudiera alors les deux offres de reprise : celle des salariés, et celle de TV loco, une société qui devrait proposer un plan de continuité avec deux salariés, dans un tout premier temps.
Ce second projet ne fait pas l'unanimité parmi les salariés qui préfèrent un autre modèle : une société coopérative d'intérêt collectif ayant pour vocation de rassembler la Ville d'Angers, l'agglomération, le Département, la Région, mais aussi des financeurs privés, des téléspectateurs et eux-mêmes.
Encore faut-il convaincre les collectivités de mettre la main au porte-monnaie ! A moins de sortir du chapeau un financeur privé, les salariés savent que sans le soutien de la Ville d'Angers, de l'agglo ou du conseil général, leur sort sera définitivement scellé mercredi prochain.
Un montage qui interroge...
Or, selon nos informations, ce modèle interroge les collectivités. Pourquoi ? Le cadre d'une société coopérative limite la participation de l'ensemble des collectivités à un plafond de 20 % du capital, estimé à 500 000 €. Et sans apport du privé, le projet des salariés devrait également miser sur une participation au budget annuel de fonctionnement d'1,5 million d'euros (sur 1,8 M€ de budget annuel) (1) répartis équitablement entre la Ville d'Angers, l'agglo et le conseil général. Les collectivités, dont les élus ont échangé cette semaine sur la question, poursuivent leur réflexion jusqu'au 12 mai, mais...
Dans les couloirs du conseil général, on s'avoue sceptique. Le bureau exécutif a examiné ce projet lundi, et doit rendre publique sa décision ce jeudi. Mais le montage, jugé trop « risqué », ne satisfait pas. « On crée une structure dans laquelle ceux qui payent ne sont pas ceux qui décident ! Par exemple, nous serions obligés de financer l'achat d'un car-régie sans avoir notre mot à dire. C'est intenable », confie-t-on dans l'entourage de Christophe Béchu.
Autre point d'interrogation : le nombre de salariés repris. Le fait de garder la totalité des 16 salariés sembler poser question aux élus. L'un d'entre eux glisse d'ailleurs : « On ferait mieux de dimensionner le projet en fonction de l'argent que les collectivités sont prêtes à donner... »
Aide ponctuelle de la Région ?
Si à la Ville d'Angers, c'est le silence radio, le bureau des maires de l'agglo se réunira ce jeudi pour se positionner. Du côté de la Région, ce dossier est suivi « de près » par le président Jacques Auxiette, « convaincu de l'intérêt des médias locaux », assure-t-on dans son entourage. « Au-delà de l'aide ponctuelle que la Région peut apporter à une chaîne de télé en situation de crise, on est en train de définir une stratégie concertée en ce qui concerne les télés locales, que l'on veut renforcer. Cela va prendre du temps. » Pour mémoire, l'aide de la Région qui avait été attribuée à Nantes 7 en crise était de 150 000 €.
Arnaud WAJDZIK.
(1) Les 300 000 € restants sont financés par la publicité.
Ouest-France
source : angers.maville.com


