- Aurélie Filippetti détaille dans une tribune aux «Echos» son projet de réforme de l’audiovisuel …
La ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti, a détaillé son projet de réforme de l’audiovisuel dans une tribune accordée aux Echos. Christian Delporte,
spécialiste d’histoire politique et des médias a accepté de décrypter pour 20 Minutes ces premières annonces.
Le président de la République ne nommera plus que le président du CSA
Mesure phare de cette proposition: «Le président de la République ne nommera que le président de l’institution au lieu de 3 membres actuellement. Le collège passera de 9 à 7 membres, dans le respect des mandats en cours», a annoncé la Ministre de la Culture. Les autres membres seront nommés par par les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat. «Le chef de l'Etat nommera toujours le président du CSA, donc le cordon n'est pas encore complètement coupé», estime Christian Delporte. Le chercheur constate tout de même «des progrès». Les nominations passant davantage du côté du pouvoir legislatif que de l'executif.
Le CSA retrouve de ses prérogatives
Retour dans le futur : «Le CSA va donc retrouver la prérogative de nomination des présidents de France Télévisions, de Radio France et de l’Audiovisuel extérieur de la France», a annoncé Aurélie Filipetti. «Voici une vraie mesure significative où le pouvoir politique s'efface pour laisser la place à l'indépendance»
L’indépendance, maître mot du projet
«L’audiovisuel a trop souvent été considéré en France comme un jouet dans les mains du pouvoir», estime la ministre de la culture. «L’indépendance est donc le maître mot du projet de loi que je viens de transmettre au CSA et au Conseil d’Etat. C’est un changement d’ère vers une démocratie plus aboutie», poursuit-elle. «Le projet ne va pas vraiment au bout. Ce qu'il fallait faire, c'est suivre l'exemple de la Grande-Bretagne, où seul le pouvoir législatif intervient», estime le chercheur.
Le financement de l'audiovisuel
Aurélie Filipetti a également évoqué deux autres axes de réflexion: «la modernisation du financement de la création audiovisuelle» et «trouver de nouvelles recettes». «Je ne comprends pas bien ce que moderniser veut dire. En revanche, sur la question des nouvelles recettes, elle envisage certainement de nouvelles contributions liées aux nouveaux usages sur Internet, considère Christian Delporte. En tout cas, le budget de l'audiovisuel public ne va pas être augmenté, vu la situation actuelle.» . La question de la régulation des contenus audiovisuels diffusés sur Internet est centrale: la mission Lescure fera des propositions le 13 mai. Le 5 juin, des Assises de l’audiovisuel permettront de débattre de la télévision en associant le CSA. A l’automne, ce sera le tour de la radio. «Après la grande loi sur l’indépendance, ces assises marqueront le lancement du second temps fort de l’ambition audiovisuelle du gouvernement», a conclu la ministre.
Source: 20minutes.fr

