Interrogée sur les informations du blog de l'animateur Jean-Marc Morandini selon lesquelles "Direct 8 négocie actuellement dans le plus grand secret l'achat de droits de retransmissions sportives en direct", la chaîne nous a indiqué hier qu'elle a entamé une "ébauche de réflexion" à ce sujet. "On y réfléchit, car nous sommes une chaîne de direct. Le sport a sa raison d'être sur Direct 8", affirme une porte-parole, qui ajoute que la chaîne cherche "quels sports" seraient susceptibles de faire l'objet de retransmissions, "sachant que nous n'aurons pas les droits du foot ou du rugby". La réflexion a été déclenchée depuis l'arrivée cet été de Yannick Bolloré au poste de directeur des programmes. Cependant, aucun contact n'a été pris avec des fédérations sportives, ajoute la porte-parole. La chaîne travaille sur ce sujet avec Havas Sports, filiale du groupe Havas dont Vincent Bolloré, propriétaire de Direct 8, est actionnaire à 26,4 %.

La gazette des gazettes
Depuis la mi-septembre, si vous habitez l’une des villes ciblées par le groupe Bolloré, vous avez pu vous salir les mains en découvrant le nouveau gratuit, Direct Soir, qui, comme son nom l’indique, est distribué en soirée, à partir de 17 heures. Tiré à 500 000 exemplaires et calqué sur les tabloïds britanniques, le « produit », lancé après les succès matinaux de Metro et de 20 Minutes, dégouline des couleurs de photos n’ayant qu’un lointain rapport avec l’actualité sinon celle, captivante, du show-biz. On connaîtra tout des pitreries de « l’incorrigible Paris Hilton » et des exploits hollywoodiens « du mythe vivant », Jean Reno, dont les photos géantes ornent la première de couverture.
Aussi perfide que l’appellation « école libre », la « presse gratuite » ne l’est évidemment que pour les gogos qui croient encore aux vertus désintéressées du capitalisme. Ce que les lecteurs d’un gratuit ne donnent pas à l’achat se retrouve dans le prix de nos yaourts ou dans le tarif de notre assurance logement. Que nous lisions la presse gratuite ou pas, distribuée ou non dans notre localité... Outre le mauvais goût avéré de la maquette (réalisée sous la houlette flamboyante de Jacques Séguéla), ce qui distingue Direct Soir de ses concurrents, c’est la place accordée aux programmes (encore confidentiels) de Direct 8, chaîne du groupe Bolloré accueillie par le CSA pour être lancée dans le bouquet TNT... gratuit ! Cours simplifié de synergie capitalistique. Interviewé par Le Monde au début de l’été, l’affairiste explique : « Je suis très satisfait [du bilan de Direct 8]. La TNT est un succès formidable. Le coût annuel de Direct 8 est de 35 millions d’euros, il nous suffit de prendre 1 % du marché publicitaire télé pour financer la chaîne. Nous avons créé une régie publicitaire commune pour Direct 8 et Direct Soir. [...] Tout cela s’inscrit dans une stratégie d’ensemble mûrement réfléchie. » On veut bien le croire ! D’ailleurs, le synergétique Vincent Bolloré, dont le groupe industriel éponyme a fait sa fortune dans le papier, les films plastiques, les transports et l’énergie, s’est offert la présidence de Havas, colosse de la pub, qui emploie... le toujours sémillant Séguéla.
Jean-Robert Velveth

Tiré à 500 000 exemplaires et calqué sur les tabloïds britanniques, le « produit », lancé après les succès matinaux de Metro et de 20 Minutes, dégouline des couleurs de photos n’ayant qu’un lointain rapport avec l’actualité sinon celle, captivante, du show-biz. On connaîtra tout des pitreries de « l’incorrigible Paris Hilton » et des exploits hollywoodiens « du mythe vivant », Jean Reno, dont les photos géantes ornent la première de couverture.


Vincent Bolloré, pdg du groupe Bolloré, a indiqué vendredi que la chaîne de la TNT gratuite Direct 8 vise une part d'audience de
1,5 %, contre « 0,6 % à 0,7 % » actuellement. « Nous pensons que c'est un pari atteignable en 2011 », a-t-il assuré. L'objectif est que la chaîne soit rentable dans « cinq ou six ans », a-t-il ajouté.
