Télérama a publié ce matin un article sur Nostalgie et ses bons scores accessible aux abonnés du magazine :
https://www.telerama.fr/radio/radio-nos ... or=EPR-164
Néanmoins, extrait concernant la programmation musicale :
...Mais son succès, Nostalgie le doit surtout à sa playlist, élaborée sur mesure pour que ses auditeurs (âgés en moyenne de 53 ans, contre 50 pour l’auditeur moyen du média radio, selon Médiamétrie) se sentent comme dans un cocon rappelant leur adolescence envolée. Pour ce faire, un « recadrage » de la sélection des chansons a été nécessaire il y a dix ans, détaille Sébastien Prevost, responsable de la programmation musicale de la chaîne. « On s’est rendu compte qu’on n’était plus en phase avec notre audience. Les goûts musicaux se forgent généralement durant l’adolescence. Pour ceux qui nous écoutent, cela correspond aux années 1980-1990. » Exit donc Édith Piaf et Jacques Brel, remplacés par Téléphone ou Michael Jackson.
Aujourd’hui, le catalogue de Nostalgie est composé de huit cents titres, contre environ quatre cents pour la plupart des autres radios musicales, avance le programmateur en chef. Parmi les trois cents chansons diffusées chaque jour, 60 % sont françaises et, comme l’impose la loi, comptent 10 % de nouveautés (d’artistes « maison », comme Jean-Louis Aubert ou Marc Lavoine). « Tout est fait à la main, on adapte nos choix en fonction d’un panel que l’on consulte régulièrement. » Actuellement sur les ondes, Confidence pour confidence, de Jean Schultheis, Libertine, de Mylène Farmer, ou Sweet Dreams, d’Eurythmics, rivalisent en tête des chansons les plus diffusées.
Ce goût des tubes ferait-il école ? Même France Inter, réputée pour sa programmation défricheuse, a fait évoluer sa stratégie il y a dix ans, insérant 35 % de standards dans sa playlist (contre 20 % en 2013) pour « rassurer le public », nous expliquait Didier Varrod, alors directeur musical de la chaîne. « L’auditeur préférera toujours chanter à tue-tête Les Démons de minuit plutôt qu’écouter un titre qu’il ne connaît pas, confirme Nathalie André, actuelle directrice musicale de France Bleu. La première chose que j’ai faite quand je suis arrivée à mon poste en 2021 a été d’ajouter des chansons des années 1980. » Celles-ci ont le net avantage de séduire les quinquas mais aussi, dans une moindre mesure, leurs enfants.
Car, sur Nostalgie, 8 % des auditeurs ont moins de 30 ans. Même s’ils n’étaient pas nés quand Pile ou face, de Corynne Charby, entrait dans le Top 50, ils semblent s’emparer de ces références musicales. « Pas besoin d’avoir vécu une époque pour la fantasmer », explique la maître de conférences Emmanuelle Fantin, spécialisée dans les représentations médiatiques de la nostalgie. Dans la mode (la jupe boule et la veste à épaulettes reviennent en force), les séries télévisées (Stranger Things rend hommage aux eighties) ou le cinéma (The Cure et Billy Idol trustent la BO de L’Amour ouf, de Gilles Lellouche), les années 1980 ont le vent en poupe...




