Nouvel Observateur N° 1940 - 10/1/2002
Le serpent de mer de la TNT
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Les Français devraient avoir plus de chaînes gratuites depuis déjà longtemps: c’est en 1995 que Philippe-Olivier Rousseau, alors membre du Conseil supérieur de l’Audiovisuel, avait ouvert le dossier de la télévision numérique terrestre! Et c’est à la même époque que les autres pays occidentaux ont commencé à s’y intéresser. Résultat? La TNT est apparue en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis fin 1998, puis l’année suivante en Suède. Mais en France TF1 et M6 ont su freiner le mouvement. C’est en 1999 seulement que Catherine Trautmann s’est saisie du dossier, qui a fini par s’enterrer au Sénat. Catherine Tasca, qui a succédé à Trautmann, a tout repris à zéro. Pour répondre à une demande des téléspectateurs, largement ignorée jusqu’ici, elle a mis l’accent sur la vocation locale et régionale des futures nouvelles chaînes. Résultat? La France ne pourra allumer sa TNT que fin 2002 si le CSA se dépêche, ou plus probablement au printemps 2003, soit cinq ans après les Anglais. Mais peut-être ce décalage permettra-t-il d’éviter les écueils économiques rencontrés outre-Manche... Entre-temps, le CSA devra sélectionner les 33 heureux attributaires d’une fréquence. Un véritable problème attend l’institution: il y aura beaucoup plus de volontaires pour les 15 canaux «payants» que pour les chaînes gratuites, qui sont pourtant censées constituer le point fort de la TNT à la française. «La vraie nouveauté du projet, le cœur de l’opération, ce sont les chaînes gratuites, explique Dominique Baudis, président du CSA. Après l’offre payante, qui n’a cessé de s’étoffer au fil des ans, nous voulons renverser la vapeur et élargir la télé.» La TNT sonnerait donc comme «la revanche du gratuit»! Beau programme, mais y aura-t-il assez de candidats pour l’appliquer?
C. S.
http://archives.nouvelobs.com/voir_article.cfm?id=52314



