Le passage à la télévision numérique terrestre, le 1er février, assorti d'un certain nombre de chaînes supplémentaires, séduit autant qu'il inquiète. Notamment à Villeneuve-d'Ascq, où certains quartiers sont déjà câblés depuis les années quatre-vingt. Mohammed Benabbou, conseiller municipal délégué aux nouvelles technologies de la communication, éclaire notre lucarne.
Le 1er février, que va-t-il se passer concrètement pour nos télévisions ?
« L'extinction du signal analogique hertzien, c'est-à-dire le mode traditionnel aérien que l'on a toujours connu, avec les antennes râteau sur le toit et la neige sur l'écran en cas de tempête... »
En pratique, cela va donner quoi ?
« Il est évident que l'on ne va pas rester avec un écran noir le 1er février ! Depuis plusieurs années, un autre signal est déjà émis, numérique celui-là, appelé TNT, pour télé numérique terrestre. Aujourd'hui, coexistent déjà trois moyens de recevoir la télé : la TNT, qui a pour vocation de remplacer le signal analogique hertzien, le câble ou l'ADSL (en passant par une box) et le satellite. »
Concrètement, le 1er février, la TNT va-t-elle devenir le seul moyen de recevoir des chaînes ?
« Non, pas du tout ! La TNT vient seulement pallier l'arrêt du signal analogique, les deux autres modes restant bien sûr disponibles. Pour beaucoup de gens, cela ne va rien changer d'ailleurs ! »
Pourtant, à Villeneuve-d'Ascq, l'inquiétude est grande : pourquoi ?
« Dans la commune, nous avons une particularité : le système de télédistribution mis en place dans les quartiers les plus denses, notamment ceux de la ville nouvelle. Autrement dit une « antenne collective » desservant non pas un immeuble mais des lotissements ou des copropriétés. A l'époque, c'était une innovation et cela évitait d'avoir des antennes râteau un peu partout dans la ville. »
Techniquement, de quoi parle-t-on ?
« D'un bouquet de chaînes analogiques gratuites transmis par câble. Seul le coût d'entretien du matériel était inclus dans les charges. Ce coût était de quelques francs à l'époque. Aujourd'hui, il est de quelques euros et c'est la seule différence. On ne parle pas ici de la redevance qui, elle, s'applique à la détention d'un poste de télévision. »
Qu'est devenu ce réseau mis en place dans les années quatre-vingt ?
« Il a été repris pour une bonne partie par Numericable voici quelques années. L'opérateur a ajouté à l'analogique des services numériques, dont internet, la téléphonie et... la télévision. Donc de nouvelles chaînes. Ce qui ne signifie en aucune façon, et j'insiste là-dessus, que les gens ont dû s'abonner à Numericable. Dans cette affaire, Numericable a maintenu une offre minimale « gratuite » (moyennant les quelques euros d'entretien du matériel), passée d'une dizaine à une vingtaine de chaînes grâce au signal TNT envoyé depuis quelques mois dans les collectifs. Il n'y a pas besoin de s'abonner ou de payer davantage, c'est très clair. »
Ces usagers-là, qui représentent une grande part de la population, doivent-ils faire quelque chose d'ici le 1er février ?
« Pour recevoir des chaînes numériques, il faut simplement avoir un téléviseur adapté, c'est-à-dire équipé d'un tuner TNT. Sinon, il est possible d'en acheter un externe, qui coûte entre 20 et 50 €. »
Qu'en est-il pour les autres foyers villeneuvois ?
« Il reste trois possibilités. La télé par internet, quand le débit est suffisant. Là, il n'y aura aucun changement le 1er février puisque c'est déjà du numérique. Cela ne change rien non plus pour le satellite, déjà en place depuis quelques années avec les paraboles.
Reste le cas le plus fréquent en France, mais relativement marginal à Villeneuve-d'Ascq : les antennes râteau pour la transmission hertzienne classique.
Le 1er février, rappelons-le, le signal analogique transmis pour la région depuis les émetteurs de Lambersart et Bouvignies s'éteint, au profit exclusif du signal TNT, déjà émis depuis quelques années. Beaucoup de gens m'interpellent pour savoir s'ils sont déjà passés au numérique, un peu comme M. Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir. La réponse est claire : si l'on reçoit le bouquet avec Direct 8, NT1, etc. c'est que l'on est passé à la TNT. Pour ceux-là, il n'y aura rien à faire le 1er février. »
Et pour ceux qui sont restés au signal analogique ?
« Dans la plupart des cas, il n'y aura rien à faire non plus, si ce n'est, en cas de matériel ancien, de s'équiper d'un tuner TNT externe, voire d'acheter une télévision. Parfois, plus rarement, il faudra faire appel à un antenniste pour régler le râteau, en raison de l'extinction de l'émetteur de Lambersart. À Villeneuve-d'Ascq, le Conseil supérieur de l'audiovisuel nous a indiqué par un courrier du 17 décembre que cela concernait 4,5 % des foyers. Je ne crois pas qu'il y ait lieu de s'affoler (sourire). » •
UNE COMMUNICATION TOUS AZIMUTS
La municipalité a mis en place un dispositif d'information pour répondre aux interrogations des Villeneuvois.
- Les accueils à l'hôtel de ville et dans les mairies de quartier, ainsi qu'au centre communal d'action sociale ont reçu une formation pour faire face aux demandes d'ordre général sur l'extinction du signal analogique.
- Deux services peuvent répondre à des questions plus poussées sur le sujet : le VAR (Villeneuved'Ascq réactif) au 08 100 59 650 ou 03 28 76 59 16 ; la chargée de mission « Technologies de l'information
et de la communication », Mme Danet, au 03 20 43 50 50.
- Depuis le début de l'année 2010, une communication est disponible sur le site internet de la ville, en actualisation constante.
- Totems et brochures sont en place dans les différents lieux accueillant du public : centres sociaux, maisons de quartier, etc.
- Des courriers d'information sont en cours d'envoi aux clubs d'aînés, aux bénéficiaires du service d'aide à domicile, du CCAS... Les aides à domicile seront informées du courrier et pourront relayer les interrogations.
Source : http://www.lavoixdunord.fr

