Distribution : le CSA brandit l'arme atomique face à Canal+
Le CSA, qui doit rendre un avis pour l'Autorité de la concurrence dans le cadre de la fusion TPS-CanalSat, réfléchirait à une mesure visant le mode de distribution des chaînes de Canal+.
Et si Canal+ perdait sa capacité à distribuer ses propres chaînes ? La menace est encore très loin d'être actée. Mais c'est une hypothèse de travail qui n'est pas totalement exclue par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), saisi pour avis par l'Autorité de la concurrence dans le cadre de la fusion des deux bouquets satellitaires TPS et CanalSat.
Cette opération étant considérée comme pouvant poser des risques sérieux d'entrave à la concurrence, le CSA a été sollicité pour proposer des solutions à l'Autorité, qui doit rendre cet été sa décision pour autoriser ou non la fusion. Le gendarme de l'audiovisuel réfléchit ainsi à plusieurs obligations qu'il pourrait proposer d'imposer à Canal+. L'une des pistes devrait alimenter les débats, car, d'après nos informations, le CSA ne s'interdit pas de remettre en question le modèle d'autodistribution de Canal+.
Aujourd'hui, lorsque les chaînes de Canal+ (Canal+, Canal+ Sport, Canal+ Cinéma...) sont distribuées sur une autre plate-forme telle qu'Orange, SFR ou Numericable, c'est Canal+ qui gère lui-même sa relation à ses abonnés. En d'autres termes, il ne fait pas appel à une intermédiation de la part de la société qui distribue ses chaînes. Pour avoir le droit de distribuer ses chaînes sur ces plates-formes et avoir ainsi accès à leurs abonnés, Canal+ verse une redevance à celles-ci. Ce procédé coûte très cher à Canal+, mais, pour le groupe, le jeu en vaut la chandelle : en gérant tout de A à Z (fixation des prix, offres promotionnelles...), il pousse au maximum son offre de télévision payante et ses chances de recruter des abonnés.
La mesure envisagée par le CSA reviendrait pour Canal+ à confier ses chaînes à SFR, à Bouygues ou à Free, qui se chargeraient eux-mêmes d'en définir les conditions de commercialisation. Ils choisiraient ainsi librement dans quels bouquets ils les inséreraient, fixeraient les tarifs... Et ne prendraient sûrement pas autant de soin à les vendre que Canal+ lui-même. En échange, ils reverseraient un tarif de gros à Canal+. Mais cette somme ne serait de toute évidence pas aussi élevée que ce que Canal+ touche aujourd'hui comme revenus directs générés par ses abonnés.
Toutes les solutions examinées
Un tel scénario - qui s'est notamment produit pour le britannique BSkyB en 2010-serait catastrophique pour la chaîne et se traduirait probablement par une baisse de ses revenus. Elle risquerait, par voie de conséquence, d'amputer sa contribution au financement du cinéma français, laquelle est indexée sur son chiffre d'affaires.
Rien n'est pour l'heure tranché au sein du CSA qui examine toutes les solutions possibles pour favoriser la concurrence sans pour autant fragiliser le groupe audiovisuel. A ce stade rien n'indique que cette piste serait forcément retenue. Cette menace d'arme atomique ferait partie des mesures ultimes qui seraient prises au cas ou le CSA identifierait des atteintes graves à la concurrence dans le cadre de la fusion TPS-CanalSat. Le gendarme de l'audiovisuel doit rendre son avis fin avril.
Source: Les Echos
http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/tech-medias/actu/0202005601901-distribution-le-csa-brandit-l-arme-atomique-face-a-canal-311564.php?xtor=RSS-2132
Aussi l'Univers Freebox en parle:
http://www.universfreebox.com/article17000.html
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