GIVET (Ardennes). Les caprices de la TNT irritent de plus en plus les accros à la télécommande. Décryptage.
LA semaine dernière, Albert, un retraité de la Soie, a été à deux doigts de commettre l'irréparable. « Comme ma télé ne marchait plus depuis deux jours, j'ai voulu la descendre à la poubelle, explique-t-il. Et c'est à ce moment-là, en croisant une voisine qui râlait contre la TNT, que j'ai compris que le problème n'avait rien à voir avec mon écran. Sur ce coup-là, il était vraiment moins une… »
Si Albert a pris la chose à la rigolade, les soubresauts de la télévision numérique commencent toutefois à en irriter plus d'un. « On nous a imposé ce mode de réception et résultat : ça marche encore moins bien que l'analogique », déchante Hervé, du Petit-Givet.
C'est qu'après les débuts difficiles de l'automne (nos éditions du 17 novembre), le système semble de nouveau connaître des ratés, depuis une dizaine de jours. Une panne du multiplex R 1 (qui diffuse F 2, F 3, F 5, Arte et France Ô) sur l'émetteur de Vireux-Wallerand a d'abord privé les téléspectateurs de ces chaînes durant 48 heures. Lundi, c'est cette fois le multiplex R 6 (TF1, LCI, Eurosport, TF6, NJR12 et TMC), qui a fait faux bond à l'heure du dîner. « Du coup, impossible de savoir qui a gagné le Juste prix », ironise Robert, un habitant de la route de Bon secours.
Il hausse le ton : « ça commence vraiment à bien faire. Surtout qu'en septembre, j'ai été obligé d'investir 600 euros pour renouveler toute mon installation. Ce qui n'est quand même pas rien. » Marie est aussi en colère. « Avec ces coupures, il est quasiment impossible de suivre un feuilleton de plusieurs épisodes », peste-t-elle.
Des bugs
Youcef, domicilié en centre-ville, partage le même avis : « Après une journée de boulot, j'aimerais bien pouvoir me détendre en regardant un bon film. Mais ça fait plusieurs fois que je ne peux pas voir celui que je veux ! Et ça, c'est vraiment très rageant. »
Alors, colère légitime ? Exagérée ? Déplacée ? Claudine Declef, la vice-présidente du syndicat intercommunal des cantons de Givet-Fumay-Revin pour les réémetteurs de télévision, a son avis sur la question. « Il ne faut quand même pas oublier que la TNT a plusieurs avantages, précise-t-elle. Il y a plus de chaînes et la qualité d'image est également meilleure. Je trouve que certains ont vite fait d'oublier comment ça se passait à l'époque de l'analogique. »
Par beau temps, grand froid ou brouillard, « il arrivait souvent que deux chaînes se superposent à l'écran, rappelle le président, Pascal Gillaux. Avec la TNT, c'est vrai que dès qu'un multiplexe lâche, on a quatre ou cinq chaînes en moins d'un coup. Mais il en reste quand même 14 à côté ! »
Une lettre au CSA
À la Famenne, en revanche, le problème est tout autre. Si les téléspectateurs s'y arrachent régulièrement les cheveux, c'est d'abord en raison de la proximité de la frontière belge. « L'émetteur de Givet ne peut fonctionner qu'à 1 W, ce qui commence à faire juste dans ce quartier, qui se développe beaucoup », reconnaît le président.
Ce dernier a d'ailleurs cosigné un courrier avec Claude Wallendorff pour demander au CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) que la puissance de l'émetteur soit augmentée.
La missive doit, depuis quelques semaines déjà, se trouver sur le bureau des Sages. Mais la réponse, elle, se fait attendre. Un peu comme la finale du Juste prix, un soir de coupure de la TNT…
Aurélien AVIGLIANO
Source : http://www.lunion.presse.fr

