PARIS — L'Autorité de la concurrence a autorisé mardi TF1 à racheter les chaînes TMC et NT1, en contrepartie de concessions dans le rediffusion des programmes et la publicité, un feu vert qui permet au leader de l'audiovisuel de peser enfin dans le paysage de la TNT.
En juin 2009, le groupe privé de l'audiovisuel (filiale de Bouygues) avait signé avec Groupe AB un accord de rachat de 100% de la chaîne NT1 et de 40% des actions de TMC, pour 192 millions d'euros. Le groupe TF1 possède déjà 40% des actions de TMC.
Après une première phase d'instruction, l'Autorité de la concurrence avait décidé en août d'ouvrir une étude approfondie, estimant que "l'opération (était) de nature à renforcer la position du groupe TF1 sur les marchés des droits et sur celui de la publicité", selon le communiqué publié mardi.
Après des mois de négociations avec l'autorité, TF1 s'est finalement engagée, sur une période de cinq ans, notamment à "limiter la rediffusion des oeuvres et des programmes au sein du groupe".
Ainsi, pour les séries américaines, les films, les séries et les documentaires français, ainsi que les programmes de flux (divertissements, jeux...), TF1 s'engage à ne pas les rediffuser sur "plus d'une autre" chaîne en clair du groupe. Parallèlement, TF1 ne pourra pas répondre à un même appel d'offres pour l'acquisition des droits sportifs de diffusion pour plus de deux de ses chaînes.
TF1 renonce en outre à la "promotion croisée" des programmes TMC et NT1 sur la chaîne TF1.
L'autorité s'inquiète aussi de la monté en puissance de TF1 dans le paysage publicitaire audiovisuel, où il pesait déjà 47,5% de parts en 2008. Il a donc demandé à TF1 de séparer la commercialisation des espaces publicitaires de TMC et NT1 de la régie de la chaîne TF1.
Un mandataire indépendant, agréé par l'Autorité de la concurrence, s'assurera de la bonne exécution de l'ensemble de ces engagements.
Dans un communiqué séparé, TF1 a estimé que ces engagements "ne retirent pas son intérêt à l'opération".
Après ce feu vert, TF1 doit encore attendre la décision du Conseil supérieur de l'audiovisuel sur les contenus des chaînes acquises. Le CSA avait déjà donné en septembre un avis favorable à l'opération capitalistique, tout en émettant les mêmes réserves que l'Autorité de la concurrence concernant les droits et la publicité.
Avec cette acquisition, TF1 entre de plain-pied dans le paysage de la télévision numérique terrestre (TNT) gratuite, qui ne cesse de gagner des parts de marché depuis son lancement en 2005.
Patrick Le Lay, ancien patron de TF1, n'avait pas cru au succès de la TNT. Il avait refusé de postuler à l'appel d'offres pour l'attribution des fréquences des chaînes de la TNT, à l'inverse du groupe public France Télévisions (France 4 sur la TNT) ou du privé M6 (W9).
Mais la montée constante des chaînes de la TNT (TMC, Direct 8, W9, NRJ 12, BFM...) lui a donné tort.
En 2009, les petites chaînes gratuites de la TNT détenaient 15,2% de part d'audience, contre 11,1% un an plus tôt. Selon les experts du secteur, ces petites chaînes grappillent des parts principalement à TF1, qui détenait 26,1% en 2009 contre 27,2% en 2008 et plus de 30% avant le lancement de la TNT.
TMC, chaîne généraliste, est le leader parmi ces chaînes de la TNT, avec 2,9% de parts d'audience en décembre 2009, contre 2,3% en décembre 2008, selon Médiamétrie. NT1 compte 1,6% de parts (1,2% en 2008.
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