
Une webtélé vient de donner une formidable leçon de realisme à Alsatic TV. Oui il y a moyen de faire de la télévision de proximité autrement qu’à coups de millions… Lisez plutôt.
Mativi est une webtélé gratuite basée à La Rochelle. Créée il y a tout juste de deux ans, elle a faitl e pari de la diffusion sur Internet. Jean Cressant, président de Mativi, vient de dresser un bilan plus que positif.
« A la suite d’études portant notamment sur les modes de consommations de la TV, nous nous sommes rendu compte que les jeunes regardent moins la télé et passent davantage de temps sur Internet. Les téléspectateurs sont devenus les télénautes ».
La suite est d’un réalisme économique absolu. Jean Cressant déclare fort justement : « La télé locale ne marche pas économiquement, je ne vois pas comment ça peut fonctionner ».
Evidemment… Les télévisions locales n’attirent pas les annonceurs publicitaires, d’autant plus en période de crise économique ; et la diffusion d’une télévision locale sur la TNT coûte déjà plusieurs centaines de milliers d’euros par an rien qu’en redevances à verser à TDF.
Là où une télévision locale a besoin d’un minimum de deux millions d’euros, Mativi vit avec un budget annuel de 400 000 euros. Des intermittents du spectacle pour faire tourner l’entreprise, des prestataires payés en honoraires, des coûts de diffusion quasi-inéxistants. Mativi atteindra même l’équilibre à la fin de l’exercice 2009.
Jean Cressant : « Nos revenus viennent essentiellement de nos productions. Les collectivités territoriales nous commandent des sujets, le secteur privé fait appel à nos services pour couvrir des événements… La plupart des programmes sont parrainés par des entreprises ou des collectivités ».
La chaîne est gérée par une SA composée d’actionnaires issus de l’événementiel, des médias et de l’entreprise de la région. Fort de cette expérience de la production moins onéreuse, Mativi se décline en région et s’exporte à l’international. Le 27 mars a été lancé Mativi Marseille. Bientôt ce sera Mativi Toulouse et le 15 septembre Montréal.
Une fable tragique
Cela ressemble à une version revisitée de la fable de la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf, appliquée à Alsatic TV. L'histoire a d'autant plus les allures d'un grand gâchis à la lumière d'une récente étude qui prédit que dans quelques années plus de 90% des consultations sur le web concerneront des vidéos. On se souvient aussi qu'il y a quelques semaines Frédéric Sitterlé, ancien directeur des nouveaux médias du Figaro, avait déclaré dans une vidéo d'e-alsace que l'espace naturel des télévisions régionales était le web, tout particulièrement pour des raisons financières.
La chaîne Alsatic TV aurait-elle donc pêché à ce point par égo et par ce détestable fantasme télévisuel de la toute puissance, un fantasme de surcroît dépassé ?
Tout en méditant cette question, voici un joli échantillon de Mativi...
http://www.mativi.fr/
Source e-alsace.net



