Le Point.fr - Publié le 16/03/2011 à 19:31 - Modifié le 16/03/2011 à 19:39 :
Par EMMANUEL BERRETTA
La grande bascule de la France dans la télévision numérique terrestre peut s'apparenter au Tour de France cycliste : les étapes de plaine se déroulent sans gros souci, en dehors de quelques chutes ici ou là. Les étapes de montagne, elles, seront abordées en mai et juin. Les abandons de pylônes analogiques vont se multiplier avec la succession des côtes, et les soucis de réception seront plus difficiles à réparer.
En attendant, l'étape Ile-de-France fut une partie de plaisir, en dehors de trois points plus délicats à Limours, Nemours et Dourdan. La puissance de l'émetteur de la tour Eiffel a été multipliée par 2,5 (de 21 à 51 kilowatts). Le CSA a été impeccable. En revanche, les syndics d'immeubles de certaines résidences populaires avaient négligé de préparer les antennes collectives... On nous signale ainsi des problèmes de réception dans des maisons de retraite, comme à Meaux, ville de Jean-François Copé.
Bricolages de particuliers
Le plus dur est donc à venir : le Sud et les régions montagneuses. Là, dans certaines parties du pays, la TNT sera une nouveauté intégrale. Il s'agira d'éteindre les émetteurs analogiques pour allumer les nouveaux émetteurs numériques. Or dans ces zones non desservies, des foyers ont bricolé leur antenne de manière à capter le signal numérique d'une zone limitrophe où la TNT est déjà présente. Ils profitent ainsi de la TNT sans être pour autant dans le plan de charge. Tant mieux. Sauf que, lors de la bascule de leur département, l'émetteur sur lequel pointe actuellement leur antenne ne sera pas le bon. Leur signal sera brouillé. Il faudra donc procéder à une réorientation de l'antenne. Combien sont-ils dans ce cas ? C'est la grande inconnue. Mais d'ores et déjà, les opérateurs anticipent une multiplication de ce genre d'interventions...
Les équipes du GIE France Télé numérique seront sans doute appelées à faire du porte-à-porte pour aider les particuliers à régler leurs soucis. D'autant que, dans le Sud, les retraités, rétifs aux manipulations techniques, sont plus nombreux que dans les régions actives comme l'Ile-de-France. Quant aux abandons de pylônes, le CSA a fait un point sur la situation. Depuis le début du processus, 400 ont été abandonnés depuis 2009. Il en reste 1 800 à éteindre entre aujourd'hui et novembre prochain, date de l'extinction totale, ce qui représente une somme de travail considérable pour TDF, Towercast et Itas Tim, les trois opérateurs du marché. La numérisation roule à fond de train comme un peloton dans les tout derniers hectomètres d'une course. Attention aux embardées !
D'ores et déjà, les opérateurs redoutent un dernier obstacle avant d'apercevoir la banderole d'arrivée : la mauvaise formation des petits élus locaux là où il faut envisager un passage massif à la parabole de manière à pallier l'abandon des pylônes. Si le calendrier n'est pas tenu ou si les écrans noirs sont légion, entre le CSA, les élus locaux, le gouvernement et TDF, on verra bien qui portera la casquette.


