
Depuis une semaine, la télévision reste muette à cause du passage à la télé numérique.(Photo S. Cat)
La région Centre est passée à la télévision en tout numérique depuis lundi dernier. Un passage loin de se dérouler en douceur. L'écran reste muet chez certains Chartrains et les antennistes croulent sous les appels.
Les chaînes fonctionnent pendant trois ou quatre minutes puis plus rien... Depuis une semaine, Annie domiciliée en maison individuelle à Luisant vit sans télé. « Et le temps paraît très long, quand on est toute seule comme moi », raconte-t-elle. Un problème d'antenne selon Darty chez qui cette retraitée a acheté sa télévision et un adaptateur TNT, il y a trois ans. Problème : l'antenniste est surchargé de travail. Mercredi dernier il lui avait annoncé une intervention en début de semaine, elle n'a pas eu de nouvelles depuis. « Je regrette de ne pas m'en être occupée plus tôt », ajoute-t-elle
Manque d'anticipation
Chez Baptiste aussi la télévision numérique a du mal à passer. « J'avais 14 chaînes sur 19 le mardi. Ensuite, c'est passé à 9, puis plus rien. Et depuis par miracle, c'est revenu. Je suis abonné Canal Plus, ils m'ont envoyé un adaptateur et en plus j'en avais un TNT, normalement c'était bon », explique ce commercial chartrain. « J'habite dans un immeuble collectif. En discutant avec les voisins, on s'est rendu compte que plus on montait plus on avait des chaînes. Le syndicat de l'immeuble n'a pas fait le nécessaire. On a beau dire, il n'y a pas que les personnes âgées qui peuvent avoir des difficultés », complète-t-il.
Manque d'anticipation, voilà le coeur du problème, regrette Allan Hamelin, antenniste à Luisant : « Ça fait plus d'un an et demi que l'information circule, certains syndicats s'y sont pris il y a un mois et demi. C'est pareil pour les particuliers. Beaucoup nous ont dit qu'ils ne voulaient rien changer. On leur a bien rappelé qu'ils n'auraient pas le choix. Mais bon ! Alors certains n'ont plus de télé, d'autres n'ont que quelques chaînes... »
Les antennistes surchargés
Du coup, les délais pour l'intervention d'un professionnel s'allongent. La société Hamelin annonce des temps d'attente compris entre quinze jours et trois semaines. « Mardi dernier, les premières heures, cela a été à peu près calme. Mais dès mercredi, c'était la catastrophe. Les gens avaient changé de télé ou acheté des adaptateurs mais tous les canaux ont été décalés. Beaucoup ne savent pas comment faire les réglages. On a beau dire que c'est facile, cela ne l'est pas. Le menu et l'installation automatique, ça marche sur le papier ! », s'agace Gilles Blot, de Gitem Mignot-Blot, en annonçant qu'il a deux fois plus de travail que d'habitude.
« Et dire qu'il faudra recommencer les modifications en 2012, pour le plan de fréquence définitif », se désole Allan Hamelin. En effet, les canaux ne sont que provisoires. D'ici deux ans, les particuliers devront de nouveau lancer des recherches automatiques de chaînes et les propriétaires de logements collectifs, régler les amplificateurs d'antenne.
26.000 appels à France Télé numérique
« Globalement le passage s'est bien passé pour la région. Il reste quelques réglages à faire. Les derniers problèmes seront résolus dans les quinze jours, trois semaines. Mais il n'y avait pratiquement aucune zone où les gens devaient réorienter les antennes », explique-t-on à France Télé numérique, qui a reçu depuis la semaine dernière près de 26.000 appels provenant de l'ensemble de la région. 24 % d'entre eux étaient liés à la recherche et à la mémorisation des chaînes, manipulation indispensable à la suite du changement et 23 % concernaient des problèmes techniques.
« Nous considérons que la population a assez bien anticipé dans la mesure où dans la typologie des appels, les gens étaient au courant du passage au numérique. Le premier jour, quand même 20 % des appels émanaient de gens qui connaissaient la nécessité de s'équiper mais qui ne l'ont pas fait », détaille Olivier Gerolami, directeur général de France Télé numérique. Les difficultés recensées se concentrent principalement sur les habitations individuelles. « Les retours de personnes dans le collectif ne sont pas significatifs », complète le responsable.
Cindy Roudier
Source larep.com

