A quelques semaines du basculement des deux dernières régions françaises -Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon -, la facture du coût du passage à la télévision numérique terrestre (TNT) est aujourd'hui connue. Selon les chiffres du GIP France Télé Numérique, structure chargée de l'opération (qui sera dissoute l'été prochain), elle a atteint 150 millions d'euros. Une somme inférieure de plus de la moitié aux 327 millions initialement prévus. Et le calendrier a été respecté, au jour près. C'est en 2005 que la loi avait fixé la date du 30 novembre 2011 pour l'extinction du signal analogique. Avec un jour d'avance, tout sera bouclé le 29 novembre. « La France aura éteint le signal analogique en deux ans, contre par exemple quatre ans pour la Grande-Bretagne », se félicite l'ancien sénateur, Louis de Broissia, le président du GIP.C'est notamment sur le fonds d'aide que les économies ont été les plus importantes. Initialement, le budget de ce fonds, intégralement financé par l'Etat, était de 180 millions d'euros. Au final, la facture ressortira à 40 millions. Les aides promises aux foyers ont été beaucoup moins nombreuses que prévu. « Les foyers ont profité du passage au numérique pour se rééquiper, alors que les collectivités locales ont financé, avec l'aide du GIP, des émetteurs », explique Olivier Gerolami, le directeur général du GIP.
Quelques incidents inévitables compte tenu de l'ampleur du chantier, mais pas d'écran noir privant une région entière de télévision pendant plusieurs jours. Il y a eu 500.000 interventions chez des particuliers, principalement des personnes âgées, tandis que le centre téléphonique spécialement mis en place a reçu au total 2,5 millions d'appels en deux ans.
A la fin du processus, 97 % des Français auront accès à la TV numérique hertzienne. Au final, d'un paysage constitué de six chaînes avant 2005, les Français se retrouvent aujourd'hui avec 19 chaînes nationales, plus des chaînes locales. Le paysage pourra même à nouveau évoluer en fonction de la décision gouvernementale sur l'application de la norme de diffusion pour les nouvelles chaînes.
GRÉGOIRE POUSSIELGUE, Les Echos




