Le groupe Bolloré ou NextRadioTV, la société d'Alain Weill (propriétaire de BFMTV et RMC) : le tribunal de commerce de Paris devait choisir, lundi 28 juin, lequel de ces deux prétendants serait le repreneur de la chaîne locale d'Ile-de-France Cap 24, jusqu'ici propriété de Bernard Krief Consulting.
Cette bataille intervient alors que nombre de chaînes locales connaissent de grandes difficultés financières, faute de publicité et à cause de coûts fixes trop élevés. C'est le cas à Orléans, Nantes ou Angers. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) note d'ailleurs un changement d'époque : à l'entendre, les chaînes locales ne se posent plus en concurrentes des grandes télévisions généralistes. Pour être viables, de plus en plus les télévisons locales "réduisent la voilure en terme d'effectifs", précise le CSA. Orléans TV, autre antenne appartenant au groupe Bernard Krief Consulting, s'est ainsi séparée en février de sa rédaction.
Mais le CSA ne veut pas croire à la mort de la télévision locale. Et de s'appuyer sur les exemples de Grand Lille TV ou encore de la toute récente Mirabelle TV. Cette dernière, lancée le 11 juin à Woippy (Moselle) en présence de Michel Boyon, le président du CSA, est une petite structure. Au total, explique le CSA, son personnel compte "une vingtaine de personnes". Lors du lancement, M. Boyon a indiqué, dans un entretien au Républicain Lorrain, que pour une télévision locale "le bon modèle économique passe par le soutien des collectivités locales, par exemple le département ou une communauté d'agglomération". Justement, Mirabelle TV est "adossée au conseil général de Moselle".
En pratique, le CSA milite pour que le salut de ces petites chaînes passe aussi par "la syndication des programmes". Pratiquée depuis de longues années aux Etats-Unis, cette technique permet aux chaînes locales de disposer de programmes nationaux concurrentiels et générateurs d'audience tels des films ou des séries. Outre les programmes, le CSA pousse aussi à la "mutualisation" des moyens. Pour les chaînes promues par des groupes de presse locaux ou régionaux, il promeut la mise en commun des rédactions.
Cette nouvelle démarche pourrait être empruntée par NextRadioTV ou par Bolloré pour Cap 24. L'objectif de M. Weill est de relancer Cap 24 dès le 15 novembre sous le nom de CBFM. Il veut composer une chaîne économique destinée, dit-il, principalement "aux cadres en entreprises dont 60 % se trouvent en Ile-de-France". CBFM "s'appuierait sur l'expérience de la radio économique BFM". Surtout, la nouvelle chaîne deviendra "la base parisienne d'un réseau national". Grâce à la TNT, CBFM bénéficierait "d'un décrochage local à Paris pour retransmettre notamment trois heures de programmes locaux". Elle serait diffusée dans le reste de la France via le câble, le satellite et l'ADSL.
Plus que Cap 24, c'est avec Direct Azur que le groupe Bolloré veut faire ses preuves dans la télévision locale. Au premier trimestre 2011, le groupe Bolloré va lancer cette chaîne locale reçue de Menton à Saint-Raphael. Direct Azur sera "un véritable laboratoire", précise Yannick Bolloré, directeur général de Bolloré médias. Elle testera un modèle économique de "chaîne locale multisupports via le Web, la presse écrite (Direct Nice) et la TNT locale". Surtout, Direct Azur pourrait être le point de départ d'un réseau national de chaînes locales aux couleurs du groupe Bolloré.
"Si Direct Azur trouve son équilibre économique, nous ne nous interdisons pas de reproduire ce modèle dans d'autres régions", explique M. Bolloré. A l'en croire, "il restera toujours des opportunités de rachats".
Source lemonde.fr

