Le président du directoire du groupe M6, Nicolas de Tavernost, devrait donner deux petites sœurs à W9.
Nicolas de Tavernost ne craint pas l'expansion de Canal Plus sur la TNT : "Nous sommes des entrepreneurs, habitués à la concurrence"
Dans une interview parue dans les Echos, Nicolas de Tavernost, le président du directoire du groupe M6, détaille son plan de bataille pour contrer les projets de Canal+. La chaîne cryptée souhaite en effet lancer une nouvelle chaîne généraliste sur la TNT, baptisée Canal 20, ce qui a provoqué une vive protestation de la part de TF1 et M6.
En raison du passage de la France à la télévision numérique terrestre (TNT), il est en effet prévu d'accorder des chaînes bonus à TF1, M6 et Canal+, une mesure destinée à compenser le coût de l'arrêt anticipé de l'analogique. Mais pour Nicolas de Tavernost, "actuellement, le marché de la télévision en clair ne peut pas accepter, sans dégâts, cinq ou six chaînes de plus du fait d'une concurrence accrue sur les audiences, car la consommation de télévision n'est pas élastique. L'accroissement de l'offre fait aussi baisser le prix des écrans publicitaires." L'homme fort de M6 se dit ainsi favorable à "une pause".
Mais comme il n'y croit pas, Nicolas de Tavernost a déjà prévu la création de deux nouvelles chaînes sur la TNT. "S'il n'y a pas de pause, nous développerons, non seulement notre chaîne compensatoire, mais également une autre chaîne sur la télévision gratuite. Nous avons en projet deux chaînes gratuites. L'une sera généraliste plutôt féminine, appelée à être dans le Top 3 des chaînes de la TNT. Nous chercherons à réitérer de façon très volontariste le succès de W9. La deuxième sera un projet que nous avions déjà présenté en 2005 : M6 Famille. C'est un projet fédérateur destiné à offrir des programmes de cinéma, de fictions et de magazines à un public familial. Nous sommes prêts à démarrer dès le 1er décembre 2011, si nous en avons les autorisations". Budgets prévisionnels : 100 millions d'euros pour une chaîne, 50 millions d'euros pour l'autre.
Reste que, selon de Tavernost, la concurrence est faussée en l'état actuel. "Je rappelle que la TV payante, et en particulier Canal+, est soumise à une TVA réduite de 5,5 %, alors que, sur notre chiffre d'affaires, nous payons 19,6 %. Si nous faisons la même course sur le marché de la TV gratuite, nous ne nous laisserons pas doubler par des voitures roulant avec de l'essence détaxée".
Source : sudouest.fr


