Lors du déjeuner de l'AJM (association des journalistes médias) Michel Boyon a été interrogé sur les premières conclusions publiées par l'ARCEP concernant l'éventuelle fusion des deux autorités.
Le patron du CSA indique qui n'a lu qu'à toute vitesse ce dossier, car il n'a été envoyé que la veille au soir" mais peut déjà réagit.
Il conteste ce qu'affirme l'ARCEP qui indique qu'il n'y aurait que 5% des pays qui ont choisi d'avoir une régulation fusionnée audiovisuel-télécom, soit environ six pays.
Michel Boyon estime qu'il y en a beaucoup plus, au moins vingt-quatre dont neuf en Europe. En plus, dans beaucoup d'autres pays, l'autorité des télécoms est assurée par les administrations et donc des ministres.
Michel Boyon : Soit on décide que pour les cinq années qui viennent, le système actuel est bien. On peut aussi penser qu'il faut changer les choses et avoir une réponse adaptée à la hauteur des enjeux et pas simplement avoir des petits bouts de ficelles, des rustines et que l'on joue à faire semblant que l'on travaille ensemble.
Dans les propositions de l'ARCEP, il y en a une qui m'a fait sourire un petit peu, celle dans laquelle l'ARCEP dit : je vais piquer des compétences aux CSA et comme ça, tout ira bien, car ils (le CSA) sont nuls en économie, comme chacun le sait. Ils me font donc sourire et c'est le seul commentaire que je ferais.
Il n'y aura pas d'économie à fusionner. Le CSA a un budget d'environ 35 millions d'euros et cela l'ARCEP est inférieur. Les économies seront des bouts de chandelles .Il peut y avoir une dimension symbolique pour un gouvernement qui annoncera avoir fusionné deux institutions pour une meilleure gestion de l'argent public.
En tout cas, je ne me permettrais pas de suggérer que l'on coupe telle ou telle institution en deux si je n'en suis pas membre. C'est une question de convenance. Je suis peut-être aussi de ce côté-là un vieux schnock".
Cette idée ne repose sur rien, car l'exemple récent de Direct 8 et Direct Star l'a montré. Nous avons été saisis dans le cadre d'une opération de concentration (économique) et nous avons imposé des conditions liées aux programmes liées aux contenus.
Si on disait qu'il faut la régulation économique d'un côté et celles des contenus de l'autre (ce que souhaite l'ARCEP), je ne vois pas comment on aurait pu faire dans cette affaire.
C'est une évidence. Ça ne peut pas se couper en deux.
Quant à dire que l'on est nul en économie, il faut en apporter la preuve.
Je dis depuis mon arrivée au CSA que la régulation prend un tour de plus en plus économique et technologique.
Jusqu'à présent, on n'a pas fait trop de c... dans ce domaine... preuve qu'on sait faire aussi.
On peut donc remarquer que l'ARCEP et le CSA ne sont pas exactement sur les mêmes longueurs d'onde.
L'impression que l'on peut avoir est que l'ARCEP craint de se faire manger par le CSA et ne veut pas de cette fusion.
De son côté, le CSA voit que les programmes passent désormais aussi par des tuyaux que le Conseil ne contrôle pas. Par soucis de cohérence, il souhaite aligner tous les programmes sur toutes les mêmes règles.
Rédacteur : Serge Surpin
Source : satmag http://www.satmag.fr/

