
L'électronique grand public japonaise vit actuellement des heures sombres. Pendant qu’Olympus, le fabricant d’appareil photos est confronté à un scandale sur des commissions occultes, une autre icône du secteur, Panasonic, s’apprête à prendre une décision symbolique du déclin japonais sur le marché des téléviseurs. Le groupe va se séparer deux usines de dalles d’écrans plats. Plus d’un millier d’emplois pourrait disparaître.
Panasonic ne fait qu’accompagner un mouvement qui est à l’œuvre depuis plusieurs années. Les prix des téléviseurs chutent au rythme vertigineux de 30% par an. Malgré les innovations, les fabricants n’arrivent pas à endiguer la déflation et seuls ceux qui ont les coûts de production les plus compétitifs parviennent à survivre.
Or Panasonic comme ses concurrents japonais est en train de perdre pieds face aux Coréens. En 2005, ensemble, ils contrôlaient encore 48% du marché mondial. Depuis leur part a chuté de dix points et les japonais se sont fait rattraper par les Coréens Samsung et LG. Leur déclin sur ce marché est en train soudainement de s’accélérer sous l’effet de l’envolée du yen, notamment face au won coréen. Sur les six derniers mois, la monnaie japonaise s’est renchérie de près de 25%. Panasonic perdait déjà de l’argent sur ses téléviseurs ces dernières années. L’effet des parités monétaires rend désormais l’équation insupportable. Sony, qui réalise 70% de ses ventes de téléviseurs hors du Japon se trouve dans la même situation.
Acculé, Panasonic, a cherché dans un premier temps à délocaliser en Chine. Mais la mesure ne semble pas suffisante pour stopper son foyer de pertes. Le groupe, qui était l’un des derniers japonais à fabriquer la totalité du téléviseur, va être bientôt contraint de sous-traiter les dalles. Cette décision sonnerait comme un aveu d’échec quand on sait que la maîtrise de ce composant est stratégique. En cas de rebond de la demande, le groupe prend le risque d’être moins bien servi, mais surtout perd le contrôle de la qualité d’image, qui permet de pratiquer des prix plus élevés.
Philips, qui s’est retiré en mars 2009 de la fabrication des dalles, sous-traite depuis à LG. Sans succès: face à des pertes récurrentes, le groupe néerlandais cherche aujourd’hui à vendre son activité téléviseur, mais n’y arrive pas. Un exemple à méditer pour Panasonic. Le déclin industriel n’est pas forcément l’apanage des Européens.
Source : http://lauer.blog.lemonde.fr/2011/10/20 ... ve-a-lest/

