Mobiliser l’enthousiasme des plus patients, et les sarcasmes des sceptiques, ce sont les marques d’une prodigalité qu’une camionnette rouge et bleue a déposées, hier, place de l’hôtel de ville à Chambéry. Chargée d’amortir le choc du passage complet de la télévision analogique à la télévision numérique dans le département, elle fut surtout le nombril d’une plainte continue. « Et pourquoi je n’ai plus la deux, la trois et la cinq depuis ce matin ? » s’énerve une dame âgée. « Ce soir, je ne veux pas rater “Plus belle la vie” ! »
Car si tous les émetteurs TNT de la “plaque Alpes” (comprendre : celle qui couvre la Savoie) ne sont pas encore en marche, le bon vieil analogique, reçu par l’antenne râteau, a été définitivement remisé au placard à souvenirs. Place au numérique, ses 18 chaînes gratuites, sa haute définition… Bref, ce que les massifs ont retardé, ici, mais qui est déjà en vigueur depuis plus d’un an à Paris.
Rien à faire pour le recevoir. Enfin presque. Si votre téléviseur est récent, équipé d’un adaptateur TNT, une simple recherche automatique des chaînes suffira. Pas de panique s’il en manque, quelques émetteurs doivent encore être branchés et il se peut que certaines chaînes fassent défaut jusqu’à demain.
“Un progrès qui coûte cher”
Si votre téléviseur supporte en revanche le poids des années, il faudra l’équiper d’un adaptateur TNT, 40 euros, en moyenne. « C’est un progrès qui est en train de nous coûter cher », commente, au gré des explications, un monsieur aux tempes grises.
Car hier à Chambéry, France Télé numérique (un service public) a manœuvré avec pédagogie. Distribuant des prospectus en ville, recevant le public et ses télécommandes dans un stand à l’hôtel de ville, il a répété, souvent, très souvent, par la voix de ses agents : « Monsieur, madame, faites une nouvelle recherche de chaînes et cela marchera ». Las, ils auraient présenté le serpent à sonnette électrique qu’ils n’auraient pas davantage convaincu leurs interlocuteurs.
« J’ai un adaptateur, j’ai suivi votre procédure, et depuis midi, je n’ai plus que Canal + », répète une femme, aux lisières de la cinquantaine.
Et dans les vallées découpées et profondes de Tarentaise et Maurienne, « à part deux-trois appels nous n’avons rencontré aucun problème », dit Cécile Hazuka, des services techniques de Brides-les Bains. « Chez moi tout marche, sauf la une, la deux et la trois », renvoie-t-on à Lanslebourg. Patience et longueur de temps…
par Pierre-Eric BURDIN le 21/09/2011
Source : http://www.ledauphine.com/savoie/2011/0 ... 9C8#galery

