TDF reste à la recherche d’un repreneur
Entravé par une dette de 3,7 milliards d’euros, le numéro un européen de la diffusion doit repousser ses échéances.
Le numéro un européen de la diffusion, TDF, n’est pas aux abois. C’est le message que l’on cherche à faire passer dans l’entourage du groupe, alors que l’échec de sa vente au fonds américain Dering a laissé place aux interrogations. Il y a un an, ses actionnaires, les fonds d’investissement TPG, Charterhouse, Ardian et la BPI, ont mandaté Goldman Sachs et Rothschild pour céder TDF pour près de 4 milliards d’euros.
Une somme qui devait servir à rembourser l’échéance, d’ici 18 mois, de la dette de 3,7 milliards d’euros de l’opérateur de sites d’antennes, qui pèse environ dix fois son Ebitda pour la France (370 millions sur 520 millions d’euros d’Ebitda au total). Mais le fonds américain n’étant pas parvenu à financer son offre à 3,7 milliards d’euros, bien qu’ayant ratissé large avec des apports de capitaux notamment nigérians et coréens, TDF se retrouve au point de départ.
Solution à plus long terme
Il aurait cependant, dit-on, les moyens d’assumer. De fait, le diffuseur n’a pas brisé les ratios maximaux d’endettement imposés par ses banques. Et déjà, lors de son acquisition en 2006 pour 4,9 milliards d’euros, les fonds avaient bénéficié d’un levier de dette très élevé, de 11 fois son Ebitda. En mars, TDF a également cédé ses activités en Hongrie pour 180 millions d’euros, de quoi augmenter sa trésorerie.
Pour autant, ses actionnaires doivent trouver une solution à plus long terme pour l’ex-filiale de France Telecom. «?Dans les conditions de liquidité bancaire actuelle, l’option privilégiée est certainement un refinancement de la dette qui permettrait d’en repousser l’échéance?», indique une partie au dossier. TDF pourrait ainsi obtenir un décalage du remboursement de trois ans, à 2019. «?D’ici là, le groupe va travailler à relancer ses activités en Allemagne, qui le pénalisent?», poursuit la même source. Mais TDF a déjà renégocié les conditions de sa dette en 2011 et une solution de fond doit donc être trouvée.?«?Le niveau de dette idoine du groupe est certainement 1,5 milliard d’euros?», estime une source proche du dossier.
Des candidats au rachat encore en embuscade
Reste la piste d’une reprise, qui ne serait pas encore complètement abandonnée. L’annonce de l’échec de l’exclusivité accordée à Dering a fait ressortir du bois son concurrent évincé, le fonds d’infrastructure canadien PSP. La proposition de ce dernier à 3,5 milliards d’euros est du coup devenue beaucoup plus compétitive aux yeux des vendeurs.
Enfin, Dering, lui-même n’est pas tout à fait hors course. Notamment si TDF devait au final engager des négociations avec ses banques pour réviser les contraintes financières qui pèsent sur lui. Ces dernières, si elles devaient effacer une partie de la dette ou en repousser les échéances, demanderaient certainement de réinjecter du capital aux actionnaires... qui se tourneraient vers Dering pour investir en échange d’une minorité du capital. Les jeux sont encore ouverts jusqu’à la fin juillet.
Source: Les Echos
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