TNT : 10 ans après, à quoi ça ressemble ?
Avant 2005, souvenez-vous, il n'y avait que six chaînes gratuites, et une cryptée.
Avec des sautes d'images quand l'antenne subissait un atterrissage forcé de cigognes en recherche de chaleur. Depuis, le paysage médiatique s'est enrichi de nouvelles chaînes gratuites, pour arriver à 25 aujourd'hui.
À son lancement, la Télévision Numérique Terrestre était annoncée comme une opportunité de variété. Plus de chaînes, donc d'informations, de points de vue, de créations, d'originalité, et de liberté éditoriale. « Une fausse bonne idée », soupire Didier Maïsto, ancien journaliste et auteur de l'enquête La TNT, un scandale d'État. « Les nouvelles chaînes sont allées aux mêmes grands groupes, TF1, France TV, M6 et NextRadioTV, qui ont préempté ces nouveaux canaux pour sauver leurs parts de recettes publicitaires. »
Les chaînes historiques se sont d'abord gardées l'exclusivité sur le cinéma et les séries à gros budget, les petites nouvelles ont donc appris à improviser avec de plus petits moyens. Avec succès par exemple pour D8, qui a suivi sa grande sœur, Canal , et monté un talk-show populaire, Touche Pas à Mon Poste qui a dépassé aujourd'hui Le Grand Journal par ses audiences.
Une défense d'identité ratée
Mais la TNT sert régulièrement de déversoir à rediffusion, ou de petite sœur pour qui l'on réchauffe des recettes de divertissement éculées. Ainsi, Nouvelle Star et Popstar ont migré vers D8, comme Le Maillon Faible, Une Famille en Or et Le Juste Prix, autant de jeux qui renaissent à moindre frais sur d'autres chaînes. Même chemin pour leurs animateurs vedettes déclassés (Benjamin Castaldi, Julien Courbet, Laurence Ferrari et Évelyne Thomas).
À chaque chaîne son public, beaucoup plus ciblé que sur l'ancien réseau hertzien. Chacune devant, en principe, adopter une identité forte qui devrait légitimer son existence. Dont deux chaînes jeunesse, deux d'info en continu, une chaîne parlementaire, les autres étant moins marquées.
« C'est rarement le cas, en réalité, analyse Didier Maïsto. Quand elles veulent défendre une identité, c'est souvent une bouffonnerie, comme pour Chérie 25 ou N°23. » La première devait être la chaîne des femmes « plurielles ». Elle a finalement opté pour des émissions déco, cuisine et chirurgie esthétique…
Quant à N°23, elle n'a jamais été la « chaîne de la diversité » qu'elle annonçait, et est au cœur d'un récent scandale. Son patron l'avait acquise gratuitement en 2012 lors d'un appel d'offres contesté et la revend aujourd'hui des millions.
source : ouest-france.fr




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