Problèmes de synchronisation d’émetteurs, disparition sporadique de chaînes, antennistes sur les dents… Cinq mois après le passage à la TNT la colère gronde. Une association des mécontents de la TNT de l’Est vient d’être créée.
«TNT : Télévision Non Transmise », le calembour de cet usager vosgien en fera sourire plus d’un. Mais pour ceux qui depuis le passage de la région à la TNT, le 29 septembre dernier, subissent les tribulations du « tout numérique », la boutade a un goût amer, tant pour les nerfs que le porte-monnaie. Les nombreux courriers des lecteurs reçus par les rédactions et par nos correspondants locaux témoignent de « couacs » - certes localisés - qui illustrent le ras-le-bol et le désarroi grandissants des usagers.
« Des sociétés privées qui se moquent des résultats »
Mme Pierre, témoigne depuis les Vosges en tant que « personne âgée ». Après avoir acheté les équipements nécessaires et fait vérifier son installation par un professionnel : « Malgré tous ces conseils, nous (les personnes âgées, N.D.L.R.) sommes souvent privées des émissions auxquelles nous sommes bien attachées et qui remplissent bien les heures de solitude. Et ce depuis 5 mois ! ».
Ainsi Mme Lorcy à Baccarat explique que dans sa commune « la réception des chaînes publiques 2,3 et 5 est plus qu’aléatoire. » Après avoir contacté le SAV de France Télé Numérique, « En pure perte ! Une interlocutrice totalement incompétente sur ce sujet a pris mes coordonnées, puis je n’ai plus eu de nouvelles ! », il y a maintenant un bon mois… « Hier, mon antenniste est revenu pour la 3 e fois. Il m’a confirmé que le problème est général sur le secteur : ‘’interférence entre 3 émetteurs antagonistes’’. Je trouve anormal de payer une redevance pour des programmes qui ne me sont plus accessibles dans de bonnes conditions, parce que l’installation TNT a été cédée a des sociétés privées qui se moquent des résultats. »
Depuis la Meuse, c’est M.Viarre qui témoigne d’une « réception totalement merdique ». Trois semaines après avoir contacté le SAV de la TNT, à trois reprises, et fait attester par son antenniste que son installation est correcte, « on me demande de réorienter mon antenne vers l’émetteur de Metz/Luttange car me dit-on, celui de Longwy ne passera plus chez moi ». Coût d’une nouvelle intervention : 120 €.
Le point de vue de l’antenniste
Cet antenniste, implanté sur la zone de Baccarat explique être submergé de demandes. Selon lui, sur cette zone, « on a un gros souci sur le canal 22. Trois émetteurs (Sarrebourg/Donon, Nancy/Malzéville et Baccarat/Haut Buisson) entrent en conflit, ce qui génère des perturbations, notamment sur la réception des chaînes M6, W9 et NT1. Depuis le passage à la TNT, c’est un sac sans nom, un tiers des gens ont des problèmes ici. Le plan de fréquence ne fonctionne pas. Les trois émetteurs sont gérés par trois opérateurs privés différents qui se rejettent la faute systématiquement. Mais qui supervise la synchronisation entre les trois ? Avant la TNT, quand ça ne marchait pas, on avait une mauvaise qualité d’image. Aujourd’hui, quand ça ne marche pas, on a un message ‘’pas de signal’’, point barre. Les gens ne comprennent pas ce qui se passe. »
« Le CSA veille… »
Des ratés localisés et plus ou moins durables sur lesquels France Télénumérique reconnaît des perturbations de fréquences. « Les émetteurs de Sarrebourg, Baccarat et Nancy utilisent pour certaines chaînes le même canal. C’est une astuce de diffusion numérique pour économiser des fréquences », concède Gérard Fiderspil à la direction technique de France Télé Numérique.
« Mais les opérateurs qui ont en charge les différents émetteurs sont tenus de faire des réglages entre eux, pour qu’il n’y ait pas de brouillage. Le CSA veille à la synchronisation des opérateurs. et cela se passe plutôt bien. Même s’il peut y avoir des problèmes à certains endroits. »
Concernant les problèmes de parasitage entre émetteurs, il existe selon Gérard Fiderspil deux solutions : « Soit les usagers sont invités à simplifier leurs systèmes d’antennes en faisant appel à des professionnels. Pour cela une aide de 120 € (maximum) peut être allouée sous conditions de ressources. Soit, pour certaines zones irréductibles, nous invitons les usagers à passer à l’ADSL ou la parabole, moyennant une aide sans conditions de 250 €. »
Stéphanie SCHMIT
Source : estrepublicain.fr

