La perspective que les futures chaînes de la TNT soient accordées à de nouveaux entrants ne réjouit guère les grandes chaînes. Pour TF1 et M6, ces chaînes (au nombre de 6) ne devraient être attribuées qu’aux grands groupes audiovisuels français, car seules des “marques fortes” pourraient lutter contre les puissants acteurs de l’internet qui s’apprêtent à débarquer avec la TV connectée.
La peur du web
Réunis à l’occasion d’un “débat d’actualité” par le cabinet de conseil NPA, les grands patrons de l’audiovisuel français – Nonce Paolini (TF1), Rémy Pflimlin (France Télévisions), Bertrand Méheut (Canal+) et Nicolas de Tavernost (M6) – sont d’abord des concurrents, mais à l’évocation de l’arrivée de la TV connectée et des géants du web qui entendent investir leur pré carré, ils montrent une belle unanimité.
Pour Nonce Paolini, Google, Apple ou Netflix sont autant d’acteurs mondiaux d’"une puissance extrême". Au contraire des chaînes, qui évoluent dans un univers très réglementé en France, ceux-ci prospèrent sur internet, dans “un monde totalement dérégulé qui leur donne des moyens considérables”.
Et Rémy Pflimlin d’expliquer que le jour où la Google TV débarquera avec des centaines de chaînes, “on ne s’en sortira que si nous avons des marques fortes qui créent des offres fortes, pour que, dans le choix infini, les téléspectateurs aillent vers nos contenus”.
Concentrer l’offre audiovisuel
En 2012, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) doit autoriser de nouvelles chaînes, six au maximum, sur la TNT gratuite. Et plusieurs groupes, qui n’ont ni la taille ni les moyens des chaînes historiques, ont déjà fait part de leur intérêt.
“Il est totalement illusoire de penser que 7-8 groupes (audiovisuels) peuvent opérer en France” , a assuré Nicolas de Tavernost. “Dans tous les pays qui nous entourent, il y 2 ou 3 groupes privés et un groupe public. On va perdre un temps considérable si on continue à externaliser. Il y a besoin d’une concentration”.
Source : Téléobs.com avec Afp


