Télévision . Des élus de Haute-Normandie demandent à l’État d’agir pour que leurs habitants continuent de recevoir la télévision après l’arrêt de l’analogique .
Grand-Couronne (Haute-Normandie),
correspondance particulière.
La TNT (télévision numérique terrestre) a déjà commencé à remplacer l’analogique, dont l’arrêt est prévu pour fin 2011-début 2012. Votée par le Parlement à la fin de l’année 2008, cette « évolution » ne fait pas que des heureux, malgré le succès croissant des télévisions à haute définition et de la réception gratuite de 18 chaînes, contre 6 actuellement avec la réception hertzienne analogique. Ainsi, des élus de communes de Haute-Normandie situées en « zones blanches » (1) se sont réunis à Grand-Couronne (Seine-Maritime), à l’initiative de la municipalité PCF. Objectif : évoquer la fracture numérique dont leur commune risque de souffrir si rien n’est fait pour que les quelque 3 500 émetteurs analogiques implantés actuellement sur le territoire métropolitain soient équipés pour recevoir la TNT. Or, à ce jour, seuls 1 626 d’entre eux le sont. Insuffisant pour les élus, victimes de la loi qui n’oblige pas les opérateurs et le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) à couvrir et à financer le passage à la TNT de tous les émetteurs analogiques sur l’ensemble du territoire français.
Seule solution pour les communes restées en marge de cette révolution technologique ? Financer l’implantation d’un émetteur TNT pour permettre à l’ensemble des habitants de continuer à recevoir les chaînes de télévision. Là, les communes voient rouge, car le coût de l’opération reste dissuasif : entre 25 000 et 100 000 euros d’investissement, auxquels s’ajoutent les frais de fonctionnement annuels, estimés entre 35 000 et 50 000 euros. Impossible pour bon nombre des communes concernées de financer une telle opération, d’autant qu’elles ne connaissent toujours pas les contreparties financières à la disparition annoncée de la taxe professionnelle.
Autre possibilité, cette fois-ci à la seule charge des particuliers : s’équiper eux-mêmes via l’installation d’une parabole ou par accession payante à Internet mais limitée à un seul téléviseur. D’après TDF (Télédiffusion de France, principal opérateur de diffusion), des aides techniques pour les personnes âgées ou handicapées et financières pour les personnes non assujetties à la redevance audiovisuelle sont prévues par l’État. Sauf qu’on imagine mal, comme l’a rappelé Patrice Dupray, maire PCF de Grand-Couronne, « des communes touristiques, comme Étretat, par exemple, recouvertes de paraboles ». Une dégradation du paysage qui ne semble pas être la priorité de l’État et du CSA.
Dans un courrier envoyé au préfet, aux ministères concernés (Environnement, Intérieur), au secrétariat d’État à l’Économie numérique, ainsi qu’à tous les parlementaires de Haute-Normandie, aux présidents des conseils généraux de l’Eure et de Seine-Maritime et à l’association des maires de France, de la Seine-Maritime et de l’Eure, les 34 élus locaux ont demandé le gel de la suppression de l’analogique dans les zones non couvertes par la TNT, ainsi que l’implantation, aux frais de l’État, d’émetteurs TNT en plus grand nombre. Sans quoi les Normands ne pourront plus suivre les péripéties sarkozyennes à la télé…
Source humanite.fr


