TÉLÉVISION . Le gouvernement lançait hier une campagne d’information sur le passage à la télé tout numérique, obligatoire d’ici à fin 2011.
La TNT, télévision numérique terrestre, on connaissait. Lancée début 2005, elle permet de recevoir 18 chaînes, presque gratuitement (hors coût de l’adaptateur TNT ou, le cas échéant, de changement de poste trop ancien – NDLR). Mais ce qui n’était qu’une possibilité de réception deviendra une obligation d’ici à la fin 2011. Après quelques expériences locales (à Coulommiers en Seine-et- Marne et Kaysersberg dans le Haut-Rhin), le signal analogique sera en effet « définitivement arrêté sur l’ensemble du territoire », DOM-TOM compris, à partir de février 2010. « Une évolution aussi majeure que l’arrivée de la couleur », n’a pas craint d’annoncer le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, en présentant la campagne que mèneront sur les écrans deux personnages numériques. Le signal analogique est encore utilisé comme source unique par 17 % de foyers (les autres sont équipés d’une parabole, d’une box, du câble, de la fibre optique ou reçoivent déjà la TNT – NDLR). Pour ce « public prioritaire » (principalement des personnes de plus de soixante-dix ans, selon le ministère), pas de numérique, plus de télé. Qu’importe : là où est vanté le confort d ’ u t i l i s a t i o n , « meilleure image, meilleur son », c’est surtout la libération des fréquences qui intéresse gouvernement et industriels. Car pour diffuser le même programme, de meilleure qualité, il faut « quatre à cinq fois moins de fréquences ». « Une ressource rare et chère dont nous avons besoin », plaide la secrétaire d’État chargée du Développement numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet. Les fréquences libérées accueilleront la radio numérique terrestre (le même processus est engagé pour cette dernière – NDLR), la télévision mobile personnelle, dont les opérateurs de téléphonie attendent beaucoup ; le développement haut et très haut débit d’Internet… Une manne pour les quelques géants du secteur qui ne manqueront pas de répondre aux appels d’offres. Quid des zones d’ombre, déjà existantes ou à venir, que cette « innovation technique » ne va pas éclairer ? « La loi prévoit 95 % de couverture », explique le président du CSA, Michel Boyon. Les 5 % de malchanceux qui habitent ces « no man’s land » (cuvettes, zones de montagne) seront aidés. Une enveloppe de 40 millions d’euros pourrait être débloquée pour aider à financer l’achat (entre 25 et 250 euros selon les cas) de paraboles ou adaptateurs TNT pour les plus pauvres. Les personnes âgées et les handicapés bénéficieront également d’une aide personnalisée. Au total, campagne de pub et aides s’élèvent à 352 millions d’euros, dont une participation de 75 millions des six chaînes « historiques ».
Mais il restera des « sanstélé ». « Le chiffre de 100 % n’est pas raisonnablement atteignable, estime Michel Boyon. Pour gagner 1 %, il faut des centaines d’émetteurs. » Un problème qui n’est pas près d’être réglé, d’autant que le CSA n’a pas de moyens de pression sur les chaînes. Et comme de leur côté, améliorer le service ne crée « pas de ressources publicitaires supplémentaires »
Source humanite.fr

