
L’échéance approche. Fin 2010, le paysage audiovisuel local devrait être passablement transformé avec l’arrivée de la TNT. Un événement qui constitue l’une des priorités de Liliane Francil, nouvelle directrice de RFO Guadeloupe. Premiers signes de cet ordre de marche enclenché par la chaîne publique, deux nouveaux rendez-vous qui mettent les jeunes et le foot à l’honneur.
Dans l’Hexagone, l’arrivée de la TNT a constitué une « onde de choc » tant en terme d’audiences que de recettes publicitaires pour les chaînes « historiques » (TF1, France 2, M6…). Sur quoi mise RFO pour « limiter les dégâts » ?
Il y a une donne importante à noter : nous ne vivrons pas l’arrivée de la TNT seuls, mais dans le bouquet France-Télévisions. Avec la TNT, les téléspectateurs guadeloupéens pourront recevoir un multiplex de 10 chaînes gratuitement avec la qualité du satellite. Parmi ces 10 chaînes, il y aura le bouquet France-Télévisions dont nous ferons partie plus un opérateur local privé. Il ne faudra pas comparer les audiences que nous faisons aujourd’hui seuls et celles que nous ferons demain, une fois intégrés au bouquet France-Télévisions.
Pour autant, dans ce bouquet, il faudra que RFO Guadeloupe se démarque…
Bien sûr, et c’est cela notre objectif et notre principal souci. Il nous faudra trouver un repositionnement : l’essentiel de nos programmes provenant de nos chaînes sœurs (qui seront désormais accessibles en direct), nous ne pourrons plus les diffuser aussi massivement, ni de la même manière. Dans un premier temps, on va s’attacher à produire plus : le seul positionnement dans lequel nous pouvons nous retrouver est un ancrage local.
Quelle (s) piste (s) privilégierez-vous dans vos productions locales : la fiction, le divertissement, l’info ?
Notre axe majeur sera l’information. Aujourd’hui, ce sont nos productions de proximité qui drainent le plus d’audience. En moyenne, 7 téléspectateurs sur 10 regardent le journal télévisé tous les soirs. Il y a une demande, une attente très forte du public sur l’information et les services. Mais, on continuera à s’intéresser à la fiction, notamment avec l’achat de telenovelas, mais aussi avec tout ce qui est culturel, divertissement, magazines, débats…, qu’ils soient du bassin, de réseau ou en provenance de France Ô, la chaîne de la diversité du bouquet France-Télévisions.
Une nouvelle grille en janvier
Que redoutez-vous le plus avec la TNT ?
Le plus difficile serait que nous restions tétanisés dans la peur et que nous ne voyions pas nous avons peut-être là une opportunité pour un vrai positionnement, un véritable ancrage local. L’arrivée de la TNT peut être l’occasion pour nous de faire le grand saut. Moi qui ai 34 ans de télévision et de radio dans cette maison, nous avons vécu d’autres moments de ce type et souvent dans l’urgence. Nous avons toujours su passer ces caps. J’ai envie de croire très fortement qu’on est capable de se mobiliser. Tout ceci nécessite une organisation. C’est la raison pour laquelle je voudrais que notre grille de rentrée de janvier 2010 soit une vraie grille de transition. Je voudrais déjà qu’on envoie un certain nombre de signes en direction de nos publics sur ce que nous souhaitons devenir.
C’est en prévision de tous ces chantiers que vous avez mis en place Je veux parler à la direction, ce rendez-vous mensuel en radio avec les auditeurs et téléspectateurs de RFO ?
J’ai vécu cette formule, en Guyane, pendant trois ans. Je pense que l’un des chantiers les plus importants, c’est d’améliorer la relation avec nos publics. Nous avons encore beaucoup de mal à enclencher une relation naturelle, spontanée et qui n’est pas schizophrénique. Ce rendez-vous se justifie plus encore par rapport aux moments que nous allons vivre. C’est un rendez-vous radio fixé le premier vendredi de chaque mois.
Prolongations, 100 % foot
Depuis septembre, les émissions font leur rentrée progressivement. Octobre marque, entre autres, le retour des magazines d’info du mardi. Outre ceux (Proximité, C à suivre, Le Débat…) qu’on connaissait déjà, RFO lance un nouveau rendez-vous mensuel, Jeunes d’ici et d’ailleurs, avec Sophie Pointaire. Un nouvel outil de conquête du jeune public ?
Oui et c’est aussi pour poser un problème sociétal qui interpelle toute la Guadeloupe et dans lequel nous considérons que nous avons quelque chose à apporter, ne serait-ce qu’en libérant la parole, en créant des forums, en donnant la parole aux jeunes. C’est important.
Cette saison, les sportifs bénéficient aussi d’une attention particulière avec un rendez-vous hebdomadaire 100 % foot…
Prolongations est programmé, chaque jeudi, pendant 30 minutes. Ce sera l’occasion de revoir les principaux moments des journées de football du week-end, de les analyser, de mettre en valeur nos stars et de pronostiquer les rencontres suivantes. Prolongations s’ajoute aux résultats sportifs du dimanche et au magazine, Le Club des sports, le lundi.
Cette saison de transition — et votre première rentrée en tant que directrice de RFO Guadeloupe —, vous l’abordez sereinement ?
Tout à fait. Déjà, par tempérament. Ensuite, parce que l’état des lieux que j’ai fait en arrivant me laisse penser qu’il y a certes des choses à conforter, améliorer, mettre en place, mais que c’est de l’ordre du faisable. Je crois que les collaborateurs de cette station ont eux aussi envie d’aller dans ce sens. Et puis, même si le public a un certain nombre d’attentes, voire de reproches à nous faire, il croit en nous et il croit en tout cas que nous avons un rôle à jouer. A nous de ne pas la décevoir cette attente.
Source guadeloupe.franceantilles.fr

