SFR est à vendre. Des négociations exclusives ont débuté entre la maison-mère de SFR Altice France d’une part, et Bouygues Télécom, Free-Groupe iliad et Orange d’autre part. Le consortium formé par les trois opérateurs téléphoniques a déposé une offre de 20,35 milliards d’euros.
Bouygues, Free et Orange avaient déposé une première offre de 17 milliards d’euros en octobre 2025, mais Altice France l’avait rejetée. La nouvelle proposition est supérieure de 3 milliards. SFR n’a jamais accepté jusqu’à présent une potentielle offre de rachat.
Vente à la découpe de SFR
La répartition des actifs de SFR (et de sa marque low cost Red by SFR) resterait quasi inchangée par rapport à l’offre initiale. Bouygues Télécom empocherait 42 %, Free 31 % et Orange 27 %. Les trois opérateurs se partageraient la clientèle grand public, les infrastructures et les fréquences tandis que Bouygues Télécom reprendrait la clientèle professionnelle.
Un banquier impliqué dans les discussions confie au Figaro : "J’ai l’impression que tout le monde est content. Patrick Drahi a trouvé une solution qui défend ses intérêts et celle des créanciers. Les trois acquéreurs ont payé un prix tout à fait correct au regard de l’intérêt de l’opération". Patrick Drahi est le propriétaire d’Altice France.
Dans un mail interne adressé aux salariés de l’entreprise, le PDG d’Altice France Arthur Dreyfuss, et le PDG de SFR Mathieu Cocq, écrivent qu'"à ce stade, de nombreux détails restent à discuter et à négocier". Le ministère de l’Economie assure dans un communiqué qu’il restera "extrêmement vigilant quant à la préservation de l’emploi, à l’impact sur les prix des abonnements pour les consommateurs, ainsi qu’au maintien des investissements dans les réseaux".
Bientôt trois opérateurs en France ?
L’accord prévoit une exclusivité dans les négociations aux trois concurrents de SFR jusqu’au 15 mai 2026. Si la vente aboutit – après la validation des autorités de la concurrence – le marché français repassera de quatre à trois opérateurs. La dernière tentative de rapprochement entre opérateurs remonte à 2016 quand Orange avait souhaité racheter Bouygues Télécom. Cette concentration sera probablement synonyme de hausse des tarifs dans le téléphone fixe, la fibre et le mobile.

