
La télévision locale n'a pas été **systématiquement non rentable** en France, mais elle a très souvent eu du mal à atteindre l'équilibre économique. Plusieurs raisons structurelles l'expliquent.
### 1. Un marché publicitaire local trop petit
Le principal problème est simple : une télévision coûte cher à produire, mais les recettes publicitaires locales sont limitées.
Une chaîne locale doit financer :
* des journalistes,
* des équipes techniques,
* des studios,
* la diffusion,
* la production de contenus.
Or, dans une ville moyenne, les annonceurs potentiels sont surtout :
* commerces,
* concessionnaires automobiles,
* agences immobilières,
* collectivités.
Le volume de publicité disponible est souvent insuffisant pour couvrir les coûts.
### 2. La concurrence de la presse régionale
La France possède un réseau exceptionnellement dense de quotidiens régionaux :
* Ouest-France
* La Voix du Nord
* Le Progrès
* Sud Ouest
Ces médias captaient déjà une grande partie de la publicité locale avant l'arrivée des télévisions locales.
Dans d'autres pays, notamment aux États-Unis, les télévisions locales se sont développées avant que d'autres médias ne dominent totalement le marché publicitaire local. En France, le terrain était déjà occupé.
### 3. Un bassin d'audience souvent trop restreint
Une télévision locale diffuse généralement sur une aire géographique limitée.
Même lorsqu'elle est regardée, son audience reste faible en valeur absolue :
* quelques milliers,
* parfois quelques dizaines de milliers de téléspectateurs.
Les coûts de production ne diminuent pas proportionnellement à la taille du public.
### 4. L'arrivée d'Internet a aggravé la situation
À partir des années 2000 :
* les petites annonces migrent vers le web ;
* la publicité locale se déplace vers les réseaux sociaux ;
* les annonceurs utilisent davantage [Google Ads](https://ads.google.com?utm_source=chatgpt.com) ou [Facebook Ads](https://www.facebook.com/business/ads?utm_source=chatgpt.com).
Une PME locale peut aujourd'hui cibler précisément les habitants de son quartier pour quelques dizaines d'euros, ce qu'une chaîne locale ne peut pas concurrencer.
### 5. Les téléspectateurs préfèrent souvent les grandes chaînes
Beaucoup de Français s'informent localement via :
* la presse régionale,
* les sites web locaux,
* les réseaux sociaux,
* les décrochages régionaux de [France 3].
La télévision locale indépendante se retrouve donc coincée entre :
* les grands médias nationaux,
* les médias régionaux historiques,
* Internet.
### 6. Le modèle français est différent du modèle américain
Aux États-Unis, des chaînes affiliées à des réseaux comme [ABC](https://abc.com?utm_source=chatgpt.com), [CBS](https://www.cbs.com?utm_source=chatgpt.com) ou [NBC](https://www.nbc.com?utm_source=chatgpt.com) diffusent une grande partie de leur programmation nationale et ne produisent localement que les journaux et quelques émissions.
Le coût local est donc relativement faible.
En France, les télévisions locales ont souvent dû produire une part importante de leur contenu elles-mêmes, ce qui rend le modèle beaucoup plus coûteux.
### 7. Celles qui survivent sont souvent soutenues indirectement
Les chaînes locales qui ont tenu dans la durée ont généralement bénéficié :
* d'aides des collectivités ;
* d'un adossement à un groupe de presse ;
* de partenariats institutionnels ;
* ou d'une intégration dans un groupe audiovisuel plus large.
Par exemple, BFM Régions s'appuie sur les moyens d'un groupe national, tandis que de nombreuses chaînes indépendantes des années 1990-2000 ont disparu ou ont été absorbées.
### En résumé
Le problème principal n'est pas que les Français ne s'intéressent pas à l'information locale. Au contraire, ils s'y intéressent beaucoup. Le problème est que **le coût de production d'une télévision locale est élevé alors que les revenus publicitaires locaux sont relativement faibles**, surtout dans un pays où la presse régionale est historiquement très forte et où Internet a capté une grande partie de la publicité locale.


Personne ne dit le contraire.Mario78 a écrit:C'est simplement que c'est une réalité.
Même si on s'adapte, on finira bien par mourir.Mario78 a écrit:Et même ici, il faudra qu'on s'adapte ou on mourra.

marceljack a écrit:On finira par le savoir, ça fait des dizaines de fois que tu nous l'assènes !Mario78 a écrit:Mais c'est simplement la diffusion linéaire qui a dû plomb dans l'aile.
Maintenant c'est "j'écoute ce que je veux quand je veux " ce que ce mode de diffusion ne permet pas. De plus le développement de la fibre enterre encore plus.
Les modes de vie changent.

On finira par le savoir, ça fait des dizaines de fois que tu nous l'assènes !Mario78 a écrit:Mais c'est simplement la diffusion linéaire qui a dû plomb dans l'aile.
Maintenant c'est "j'écoute ce que je veux quand je veux " ce que ce mode de diffusion ne permet pas. De plus le développement de la fibre enterre encore plus.
Les modes de vie changent.

Sid 34 a écrit:C'est une hécatombe qui ne m'étonne pas, contrairement aux radios locales et/ou associatives qui peuvent rivaliser avec les radios nationales par leurs programmes ou leur qualité de son, le contenu souvent peu intéressant des chaînes locales couplé quelques fois à leur mauvaise qualité d'image et/ou de son ne jouent pas en leur faveur à mon avis (à quelques exceptions près, bien heureusement).

interactv a écrit:C'est Nantes7 (petite soeur d'Angers7) qui a disparu le 23 mai 2011, TéléNantes diffuse tjrs même si ce n'est plus la structure associative originale qui est à la tête de la chaîne.

C'est Nantes7 (petite soeur d'Angers7) qui a disparu le 23 mai 2011, TéléNantes diffuse tjrs même si ce n'est plus la structure associative originale qui est à la tête de la chaîne.tvignaud a écrit:TELENANTES

