
Le 8 mars, l'Île-de-France passe au tout numérique. Douze millions d'habitants recevront 19 chaînes gratuites avec une meilleure qualité d'image. Mais dans les régions déjà couvertes, les couacs I s'accumulent. Dans le Doubs, 800 foyers sont privés de télé ! Télé Star fait le point.
Pas facile pour tout le monde de passer au numérique ! Alors que l'Île-de-France s'a¬prête à basculer, la fin de l'analogique nous est présentée comme une révolution. Dix-neuf chaînes gratuites, une meilleure qualité d'image et, à terme, une diffusion en haut dé¬finition. Ça, c'est sur le papier ! Sur le terrain, affaire se complique. Dans les régions déjà passées au numérique, entre les interruptions, les images qui se figent ou carrément l'absence de réception, regarder les programmes devient parfois un calvaire. Résultat : la grogne monte contre ce changement imposé aux télés¬spectateurs — entamé en février 2010, le processus s'achèvera le 29 novembre 2011. À Chambéry (Rhône-Alpes), le puissant émetteur a longtemps parasité celui de Lyon-Pilat. En Loire-Atlantique, on a dû se passer pendant deux mois de M6, W9 et NT1. À Lisieux (Basse-Normandie), il a fallu deux mois pour régler deux émetteurs qui se chevauchaient.
Et maintenant, dans le Doubs (Franche-Comté), passé au numérique le 16 novembre dernier, les habitants craquent. Huit cents fers près de Besançon ne reçoivent même plus les six chaînes d'avant le basculement ! Le président du conseil général du Doubs et le maire d'Ornans ont saisi mi-février le CSA et France Télé Nu¬médique. « Ras le bol. Les habitants voient la neige dehors... et sur leur écran, tempête Jean-Fran¬soit Longeot, maire UMP d'Or¬nans. Comme on n'a même plus accès aux chaînes publiques, on fera la grève de la redevance s'il le faut. » Au CSA, on nous assure que les problèmes seront résolus par un réajustement d'émetteur d'ici au 3 mars. « À Ornans, le pro¬blème est différent, il y a un re¬fus de permis de construire pour l'émetteur... » En réalité, le préfet Christian Decharrière le refuse pour préserver les sites naturels... Notons tout de même que le passage au numérique se déroule¬le plutôt bien avec seulement 4 500 dossiers à régler sur 14 millions
" On en à ras le bol » : Interview de Claude Jeannerot, Président du conseil général du Doubs et sénateur PS
TÉLÉ STAR : Vous venez d'écrire au GIP France Télé Numérique et au CSA, car beaucoup d'habitants de votre région reçoivent mal la télé depuis le basculement
au numérique...
CLAUDE JEANNEROT : Je demande¬de la tenue d'une réunion technique avec France Télé numérique et le CSA pour faire un diagnostic de la situation et mettre en place un plan d'action. Je souhaite¬te que tous les habitants reçoivent au moins les six chaînes qu'ils recevaient avant le basculement.
TÉLÉ STAR:On sent que les habitants sont excédés...
C.J. : À juste titre. On en a tous ras le bol ! France Télé Numérique ne réagit pas. Elle mène la politique de l'autruche en nous promettant une amélioration. Or, rien n'est fait depuis des mois. Je ne comprends pas ce qui se passe. Je suis sûr que d'autres ré¬gironds sont touchés. Je les invite à faire comme moi.
TÉLÉ STAR : Le CSA promet une amélioration d'ici au 3 mars...
C.J. : Vous êtes mieux informée que moi. Et tant mieux si c'est vrai. Moi, j'attends toujours leur réponse
" Il n'y a pas de dysfonctionnement en TNT » : Interview de Olivier Gerolami, Directeur général de France Télé numérique
TÉLÉ STAR : 800 foyers du Doubs reçoivent mal ou pas la télé trois mois après le passage au numérique Pourquoi ?
OLIVIER GEROLAMI : Il y a un problème sur Ornans. La TNT y est diffusée à partir d'un pylône provisoire. Le fournisseur n'a pas l'autorisation du préfet de construire son émetteur définitif.
TÉLÉ STAR : Le maire d'Ornans nous certifie qu'il n'est pas au courant...
O.G. : possible : le refus de permis de construire émane du préfet. Pour nous, il n'y a pas de dysfonctionnement de la TNT, mais on est préoccupés par le problème.
TÉLÉ STAR : Que faites-vous pour le régler ?
O.G. : Si le permis n'est pas délit¬vré, on proposera aux habitants une aide (de 250 euros sans condition de ressources, NDLR) pour installer une parabole.
TÉLÉ STAR : Encore des frais !
O.G. : Une parabole coûte souvent 200 euros et on peut l'installer soi-même. Certains distributeurs proposent des packs à
Revue de Presse — Source : Télé-Star (programmes du 5 au 21 mars) — Auteur : Nathalie Vigneau
