
Alain Méar, Conseiller d'État, membre du collège du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA). © Eric Lefeuvre/CSA
Le sud de l'Angleterre passe à son tour à la télévision numérique terrestre. Le littoral français qui lui fait face doit adapter ses fréquences. Des changements prévus pour juin et juillet.
Entretien avec Alain Méar, Conseiller d'État, membre du collège du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).
Vous êtes cet après-midi à Cherbourg, dans le Nord-Cotentin, pourquoi ce déplacement ?
Avec Gilles Brégant, directeur général de l'Agence nationale des fréquences, et Jean-Yves Haby, directeur délégué aux Régions de France Télé Numérique, nous allons rencontrer les élus pour une réunion de travail sur les réaménagements de la TNT dans le nord-ouest de la France. Pour nous, c'est en quelque sorte un retour aux sources, puisque la belle aventure du passage au tout numérique a commencé en novembre 2009 à Cherbourg. Aujourd'hui, ce chantier est derrière nous, mission accomplie : ce passage a été un succès.
Alors pourquoi ces réaménagements ?
Le passage au tout numérique est un processus européen, et même mondial. Aujourd'hui, 15 des 27 pays européens ont effectué cette transition. Nos amis britanniques achèvent leur passage au tout numérique par le sud de leur pays. Nous avions jusqu'ici des fréquences provisoires, et eux également. Maintenant il faut passer sur des fréquences définitives, notamment pour éviter toute interférence. En effet, la mer propage les ondes, surtout lorsqu'il y a des changements de température notamment à l'automne et au printemps.
Qui est concerné par ce changement et quand ?
C'est toute la façade nord-ouest de notre beau pays qui est concernée par ces changements de fréquences, de Calais à Dinan. Mais le Nord-Cotentin étant plus proche de l'Angleterre, c'est là que les réglages doivent être particulièrement affinés. Concrètement, une zone allant de Cherbourg au centre-Manche va donc changer de fréquences dans la nuit du lundi 18 au mardi 19 juin. Ensuite, dans la nuit du 2 au 3 juillet, ce sera au tour de Dinan et sa zone côtière pour les Côtes-d'Armor, la totalité de l'Ille-et-Vilaine et de la Basse-Normandie ainsi que les autres régions du littoral en remontant jusqu'au Pas-de-Calais.
Les téléspectateurs devront-ils changer de matériel ?
Non, il suffira de remémoriser les chaînes. Par ailleurs, nous allons travailler avec les élus locaux et mettre en oeuvre les moyens nécessaires pour que ce processus se passe bien. De même, France Télé numérique sera sur le terrain et nous accompagnerons les téléspectateurs. Une aide de 250 € sans condition de ressource sera disponible si certains d'entre eux doivent acheter une parabole. Enfin, il y aura aussi le numéro de téléphone habituel qui permettra aux téléspectateurs d'obtenir toutes les informations utiles.
Vous vous voulez rassurant ?
Non, je suis objectif ! Car en mobilisant tous les acteurs, nous voulons faire en sorte que ces changements de fréquences entraînent le moins de désagréments possibles pour les téléspectateurs. Enfin il y a un avantage à la clef : il ne sera plus nécessaire d'effectuer des manipulations pour recevoir les six nouvelles chaînes, en haute définition, de la TNT qui devraient être disponibles à la fin du 1er trimestre 2013 en Basse-Normandie et en Bretagne.
Recueilli par Nicolas DENOYELLE. Ouest-France





