À lire vos différents échanges, on voit que j'ai fait mouche. D'une part on constate qu'il y a souvent confusion entre la perception de certains paramètres totalement indépendant des spécificités du signal vidéo (comme par exemple, la notion de "contraste" ou encore, la "beauté des couleurs" du PAL par rapport au Sécam).
Pour déterminer la valeur subjective de qualité supérieure perçue dans mon enfance concernant la norme E (819 lignes), j'ai réussi à recréer un signal vidéo composite
non modulé et j'ai injecté ce signal HD noir et blanc directement dans un téléviseur noir et blanc datant des années 1970. Comme source, j'ai utilisé des fichiers vidéos de résolution 1080p et j'ai converti ces signaux grâce aux processeurs graphiques d'un micro PC équipé d'une interface permettant à l'appliction HackTV de fonctionner. Le résultat a été parfaitement à la hauteur de mes espérances et j'ai pu constater combien les séquences vidéo affichées par ce téléviseur ancien étaient bien supérieures à celles du 625 lignes noir et blanc.
Pour résumer, même si une technologie vidéo décrite sur le papier comme plus ou moins performante qu'une autre, une multitude d'éléments secondaires, paramètres, type d'équipement, conditions d'exploitation, etc... agissent plus ou moins sur l'image affichée.
Oui, le 819 ligne était un format extrêmement performant et abouti pour l'époque, Oui, le 625 lignes Sécam procurait
dans des conditions adaptées en diffusion comme en enregistrement professionnel des images de grande qualité, Oui, le PAL était plus performant que le Sécam dans certaines conditions, Oui, le 525 lignes NTSC était inférieur à ses concurrents européens.
Quant aux remarques assez pertinentes concernant la numérisation de ces anciens signaux et les résultats dégradés qu'ils peuvent produire, là encore, tout dépend des dispositifs hardware et software exploités.
J'ai pu réaliser d'excellentes numérisation d'anciens enregistrements VHS Sécam, notamment en paramétrant la largeur de bande, le videodatarate et d'autres réglages lors de l'acquisition à partir d'une carte graphique bien adaptée à tous ces signaux et standards analogiques. Actuellement, les solutions grand public de cartes USB d'acquisition vidéo ne sont plus totalement conformes à ces signaux et notamment pour la chroma Sécam, peuvent produire des résultats très médiocres.
Les spécificités (avantages et défauts) de l'analogique sont bien connues et il est actuellement impossible de prétendre scientifiquement évaluer les notions qualitatives dépendant de notre appréciation subjective. Le débat déchire toujours notamment les amateurs éclairés de la HiFi, avec les adeptes des amplis à lampes, les platines vinyle, des hauts-parleurs et de leurs filtres, de ceux qui estiment que des conducteurs plaqué or procureraient un meilleur rendu sonore, etc. Ce débat ne pourra jamais être définitivement tranché car il relève de choix et goûts personnels.
Enfin, avec la considérable puissance des toutes dernières technologies de traitement de l'image vidéo (avec utilisation de l'I.A.), très bientôt nos téléviseurs vont intégrer toute une série d'effets spéciaux "correcteurs", "flatteurs" et "réparateur" permettant à chacun de choisir en temps réel pour n'importe quelle source vidéo :
- La résolution souhaitée
- La colorisation naturelle à partir d'un signal N&B
- La restauration des films ou archives abîmées en supprimant tout parasite ou tout bruit dans l'image
- La possibilité de produire du relief 3D stéréoscopique
- Corriger les imperfections (flou, bougé, mauvais cadrage, etc.)
- Produire un véritable cadrage plein écran, panoramique, 16/9 ou 4/3 sans éliminer de portion d'image
- Idem pour le son (traduction sonore en temps réel des dialogue de la VO, isoler les voix, remixage des bruitages et de la musique, stéréophonisation du mono, version surround, etc.)
Ces applications I.A. existent déjà depuis 5 ou 10 ans en version logicielle ou en ligne mais elles sont déjà en préparation dans les labos des fabricants de téléviseurs et des futures box Internet.
Mais comme pour la colorisation des films anciens, il y aura débat entre les puristes qui voudront visualiser une source intacte et ceux qui opteront pour le “confort". En ce qui me concerne, je doserai moi-même ces trucages artificels au cas par cas, pour obtenir le compromis qui me conviendra le mieux.
Nous vivons actuellement une révolution dont il est impossible de déterminer ce dont sera capable la technologie. Un peu comme avec l'arrivée de l'électricité, il y a plus d'un siècle !
