Je lis souvent différentes allégations concernant la perception qualitative de telle ou telle source vidéo, de tel appareil lecteur/enregistreur vidéo ou encore de tel ou tel téléviseur.
Que ce soit pour prétendre de nos jours différencier la qualité objective entre le Sécam ou le PAL, entre l'image affichée d'un magnétoscope VHS, V2000 ou Betamax ou encore la supériorité du Laserdisc par rapport à la vidéocassette, on omet souvent certains critères ou paramètres secondaires pourtant déterminants.
En dehors des mesures techniques d'un analyseur de spectre vidéo, du rapport signal/bruit, de la résolution réelle restituée, de la distorsion vidéo, des artefacts engendrés par le support magnétique, etc.
Il existe bien d'autres causes pouvant provoquer dégradation, la performance ou la variation du signal vidéo restitué et affiché à l'écran : démodulation incorrecte, mauvais enregistrement, tracking de la tête de lecture, usure du support (magnétique) et des circuits / composants électroniques, dérives mécaniques diverses, etc. Sans parler des limites de notre perception humaine.
En dehors de quelques laboratoires très spécialisés comme pouvaient en exploiter les industriels et les testeurs de la FNAC et à la condition expresse de pouvoir utiliser des modèles et sources de référence comparatives parfaites (générateurs, équipements identiques neufs ou révisés parfaitement) comme "étalons", il est quasiment impossible de vouloir juger simplement "à l'oeil", que tel ou tel appareil ou telle ou telle technologie analogique de même catégorie/norme/standard/marque/modèle, serait supérieure à telle autre.
Bien sûr, il est simple de classifier par type de technologies entre une source de type professionnelle "broadcast" et un simple magnétoscope grand public, même vendu comme "haut de gamme". De même, comparer un lecteur Laserdisc par rapport à un simple VHS, n'a pas de sens. Oui, la S-Vidéo (Y/C) est supérieure au vidéocomposite. Oui, sur le papier, un enregistrement Sécam réalisé en 1995 sur une chaîne terrestre nationale française peut paraître moins bon que celui réalisé en PAL à partir d'un signal satellite de la même chaîne mais la comparaison est faussée et un peu injuste. L'enregistrement d'une chaîne par satellite en Sécam avec un magnétoscope professionnel reste excellent.
À l'origine, le Sécam a été précisément associé à la norme L pour laquelle le télétexte ou d'autres données (Nicam) n'avait pas été prévu. J'ai pu moi-même visionner des enregistrements Ampex d'émissions datant de 1972 (Les Rois Maudits, par exemple) dont la qualité d'image est irrépprochable et parfaitement semblable à du PAL de la même époque. Accuser le standard français de tous les maux n'est pas correct car ce sont bien les industriels qui ont choisi de dégrader le signal de chominance en VHS. Pour autant, je dispose de très anciens enregistrement Sécam datant de 1979 qui sont assez comparables à la qualité VHS PAL de la même époque.
En conclusion, ces débats subjectifs concernant la prétendue qualité des sources vidéo analogiques sont vains. Chacun pourra être persuadé de mieux apprécier telle ou telle combinaison ou tel appareil. Ce n'est pas pour rien que nos anciens ingénieurs ont réussi à exploiter les failles de notre vue et de notre cerveau, en éliminant ou réduisant ce qui n'était pas indispensable dans les circuits électroniques : balayage entrelacé, traitement de la chroma, modulation, mémoire de ligne, correction de phase, etc.
Il est très facile aujoud'hui de considérer que ces différentes inventions ou innovations sont imparfaites et bien loin de la performance de nos sources et écrans actuels. Mais à leur sortie, ces appareils étaient quand même révolutionnaires : téléviseurs couleurs, premiers magnétoscopes, caméscopes, jeux vidéo, ...






