
Timide a écrit:Et pour les week-end de BFM TV, on retrouvera la tranche du 6h/9h30 avec un journal toutes les 15 minutes présenté en alternance par Stéphanie de Muru (comme annoncé ici) et Thomas Misrachi. Le soir, dès 18h, on retrouvera la "Grande session d'info" présenté par Guillaume Vanhems (transfuge de France Info) et ce, jusqu'à 23h30.


Timide a écrit:Mais on peut dire que désormais France Info est une bonne école !
Beaucoup y ont débuté... comme Jacques Legros !

Alain Weill ou la télé low cost
Le sauveteur des radios RMC et BFM possède un grand talent : faire de l'audience avec des moyens réduits. Il va appliquer sa méthode à la télé
Le 28 novembre, Ruth Elkrief et Olivier Mazerolles seront de retour sur les écrans. Ils ont de l'expérience et des visages connus : deux grandes qualités pour aider le décollage de BFM TV, une des nouvelles chaînes gratuites de la TNT (voir encadré). Ils arrivent sur un créneau - l'info - bien encombré, avec des moyens plus légers que leurs concurrents (60 journalistes et 12 millions d'euros de budget). Pourtant leur patron, Alain Weill, qui est allé chercher son modèle de chaîne en Pologne, affiche peu de doutes : «Rien n'est gagné d'avance, mais je suis serein. Partout à l'étranger, les chaînes d'info ont trouvéleur place.»
Quand cet homme d'affaires de 44 ans, réputé autant pour son dynamisme que pour son sérieux, croit dans quelque chose, il inspire confiance : il a sauvé deux radios du désastre (RMC puis BFM, spécialiste des infos économiques). Il a du savoir-faire pour gagner de l'audience avec des moyens réduits. Son coup le plus célèbre ? Rafler les droits de diffusion exclusifs de la Coupe de Monde de Football 2002 pour 500 000 euros, afin de relancer RMC. Opération réussie. La station, qui était à 1,9% de part d'audience cumulée quand il en a pris les commandes il y a cinq ans, plane maintenant à 4,8%, seule radio généraliste qui progresse encore. Quant à la petite radio BFM, reprise en faillite à la barre du tribunal de commerce, il l'a redressée en deux ans : elle compte 420 000 auditeurs cadres par semaine, ce qui suffit à la rentabiliser. Et désormais elle sera donc aussi le label d'une télé d'information à dominante économique et internationale. Pourquoi tenter un tel pari ? «Je me suis décidé brusquement le 14 décembre 2004 quand j'ai découvert que le CSA lançait un nouvel appel d'offres pour la TNT. On répondait parfaitement aux critères techniques exigés: des professionnels qui soient aussi des nouveaux entrants en télévision. Difficile de ne pas nous choisir si on se présentait! explique le patron du groupe Nextradio. Je n'y avais pas réfléchi avant, mais je me suis ditque c'était le même métierque la radio et qu'une évolution technique comparable à celle qui a permis la naissance des radios FM était en train de se produire.»
Une efficacité qui rappelle celle de son mentor, Jean-Paul Baudecroux, le créateur de NRJ, qui ne renie pas son ancien employé : «Il a beaucoup appris avec nous!» se réjouit-il. Car Alain Weill est d'abord un homme de radio : «A 14 ans, j'ai lu «Vingt ans, ça suffit», l'histoire de Maurice Siegel à Europe 1, et à partir de là j'ai rêvé de devenir journaliste à Europe!» Il avait un autre désir : créer son entreprise, être indépendant. Quand il sonne à la porte de NRJ en 1985, Jean-Paul Baudecroux se souvient d'un jeune homme de 24 ans qui «venait de lancer une cassette VHS pour donner des leçons de tennis». Il a engagé un entrepreneur qui fut «chargé d'aller en province pour consolider le réseau». En 1989 pourtant, il part diriger les restaurants Oh ! Poivrier, puis il retourne à la radio, chez RTL, avant de revenir à NRJ en 1992 comme numéro trois : «Quand notre directrice générale est morte brusquement, nous nous sommes consultés avec Jean-Paul Baudecroux et il m'a demandé d'appeler Alain», raconte Max Guazzini, le patron du Stade français, à l'époque vice-président de NRJ.
Alain Weill montera le dossier de reprise de RMC, cédée par Pierre Fabre. Puis il achète lui-même cette radio dont plus personne ne voulait avec l'aide du Fonds Alpha. «C'était un réseau de 150 fréquences couvrant presque toute la France. Une opportunité unique!» dit son associé Franck Lanoux. Weill envoie Lanoux aux Etats-Unis chercher un bon format pour RMC : ce sera l'interactivité avec les auditeurs et le sport. Il fait venir des animateurs connus et pas trop chers (Brigitte Lahaie, Luis Fernandez). Ça marche. Il recommence avec la radio BFM. «Il se surinvestit, il écoute la radio et il fait trois jobs à la fois: il travaille avec les journalistes, puis avec les commerciaux, puis avec les financiers. Il est polyvalent, d'une énergie débordante», dit Frank Lanoux. Et il va maintenant recommencer avec la télé. Jamais deux réussites sans trois ?
Claude Soula

