Contestation de l'explication classique de la restitution du mouvement, discussion valable pour le cinéma ou la vidéo:
On explique généralement la chose par la persistance rétinienne, sans s'y attarder plus que cela. Ca a l'avantage d'être simple, mais en y réfléchissant un peu plus, on voit que ça ne tient pas la route. Un personne levant les bras devrait apparaitre comme un dieu hindou aux bras multiples si on s'en tient à cela, chaque image successive venant se superposer aux precedentes, et il n'y a pas de raison que cela produise du mouvement. Cette incohérence est reconnue et a amené certains à postuler l'existence d'un "effet phi" par lequel le cerveau interprete justement cette succession d'images comme representant un mouvement. Comme on n'en sait guère plus sur ce dernier, ça n'explique finalement pas grand chose et tout cela n'est guère statisfaisant.
Il me semble qu'on est passé à côté de l'explication le plus logique, et j'ai donc ma propre théorie sur le sujet (probablement pas originale mais je n'ai pas cherché l'équivalent sur le web).
Ainsi, d'après moi, on n'a pas besoin de connaitre le détail du fonctionnement du système visuel humain (SVH), il suffit de considérer qu'il est limité en vitesse de réaction et ne peut pas analyser des mouvements trop rapides.
Ensuite, on peut se dire que, quel que soit ce fontionnement interne, si on presente les mêmes stimulations à l'entrée, on obtient les mêmes réactions.
Enfin j'argumenterai que la suite d'images fixes affichée au cinéma contient la totalité de l'information du mouvement continu d'origine, et est donc capable de produire le même effet.
Cela peut sembler contre intuitif, mais c'est une application directe de la théorie de l'échantillonage. Prendre une image tous les 24ème de seconde, c'est tout simplement réaliser un echantillonage du mouvement.
La théorie démontre par une preuve mathématique que cette opération ne produit aucune perte d'information. La séquence d'images fixes contient donc une description complète du mouvement d'origine.
Par contre cette information est présente sous une forme différente. Le signal echantilloné n'est evidement pas identique au signal de départ, sinon l'opération d'echantillonage ne servirait à rien.
Il y a donc une opération à faire pour inverser dans la salle de cinéma l'echantillonage réalisé par la caméra.
Généralement, cette opération se fait en passant à travers un bloqueur, suivi d'un filtre passe-bas. Le bloqueur, c'est le projecteur qui maintient chaque image un certain temps avant de passer à la suivante. Le filtre passe-bas, c'est la lenteur du SVH, qui élimine les frequences de mouvement trop élevées.
Ainsi, le SVH voit le mouvement parce que, derrière le filtre passe-bas de sa propre lenteur, il y a equivalence mathématique complète entre le mouvement continu d'origine et la suite d'image fixes qui le représente. On ne voit pas de différence parce qu'il n'y en a tout simplement pas, du moins pour tout mouvement de fréquence inférieure à 12 Hz.
En effet, une petite nuance à apporter est que la théorie impose l'existence d'un filtre passe bas egalement à l'entrée de la chaine. Comme l'echantillonage se fait à 24 Hz, cela veut dire qu'on ne peut représenter correctement les fréquences de mouvement de plus de 12 Hz. Par exemple, une roue de voiture tournant à 12 tours par seconde devrait être affichée correctement, mais ce n'est plus le cas si elle va plus vite. Pour un mouvement rectiligne, ce que represente cette fréquence de 12 Hz est un peu moins clair pour moi.
Mais on ne dispose pas à ma connaissance de moyen de faire ce filtrage du mouvement à 12 Hz, on laisse donc entrer dans le système des fréquences qui ne devraient pas s'y trouver, d'où certains artefacts auxquels nous sommes maintenant habitués (roues tournant à l'envers, ...).
Voilà l'idée, si quelqu'un veut apporter la contradiction, il est le bienvenu.



