La restauration consiste à enlever les défauts qui ont été apportées par le vieillissement et qui n'ont jamais été voulus par le créateur originel de l'oeuvre: défaut de pellicule, brûlure, poussières, évolution des pigments d'origine. Sauf perte grave et complète d'une partie du matériau d'origine, ça ne demandera pas d'interprétation artistique de la part du restaurateur.
Et puis ça dépend aussi de l'oeuvre: s'il s'agit d'un documentaire d'époque, les images ne sont tressautantes et saccadées que parce que le preneur de vues était limité par la technologie de son temps. Si l'intention était de capturer et préserver une tranche de vie, on se rapproche de la réalité telle que l'aurait vraiment perçue une personne réellement présente par exemple en stabilisant l'image, et en calculant des images intermédaires pour avoir un mouvement fluide. En colorisant aussi, mais il faut reconnaitre que là il y a plus de risques de créer une information historiquement fausse.
je tiens beaucoup à ce qu'un film soit présenté dans son format et sa couleur d'origine, je suis un peu moins psycho-rigide sur la cadence d'image (à condition de la modifier proprement par des techniques de compensation de mouvement). Mais j'irai toujours voir avec plaisir une belle restauration.
Un exemple de défaut dans l'autre sens: le Hobbit de Peter Jackson n'a à ma connaissance jamais été distribué en 48/is, alors que c'est la cadence fortement voulue par le réalisateur. Pourtant il aurait été possible d'en faire une approche assez convaincante en PAL speed-up entrelacé à 50 hz de fréquence de trame sur blu-ray (peut être le format UHD aurait-il même permis la 3D en plus).
Pour les films d'Ang Lee à 120 i/s on n'a malheureusement pas grand chose sous la main comme support grand public compatible, ou alors peut-être en dématérialisé.
Et que penser des films Lumiere en 75 mm créés pour l'exposition universelle de 1900 ? les caméras ont pu être réalisées, mais pas le projecteur. La Cinémathèque a néanmoins pu projeter les négatifs d'origine après numérisation.
https://www.cnc.fr/cinema/actualites/lu ... mm_1066062
On peut aussi argumenter qu'une oeuvre sur pellicule subit une forte dégradation du fait du nombre de générations de copies élevé avant d'arriver en salle (il me semble que c'est de l'ordre de 7). Numériser les négatifs d'origine permet de se rapprocher au plus près de ce qu'ont réellement pris les caméras lors du tournage.




