«Est-il possible qu'en 2009, une partie de la population ne reçoive plus la télévision ? » Patrice Dupray n'en revient toujours pas. Fin juin, le CSA (conseil supérieur de l'audiovisuel) publie sur son site internet, une cartographie indiquant des zones d'ombres. Des zones où les émetteurs ne seront pas équipés pour recevoir la télévision numérique terrestre (TNT). Et sur cette carte, le maire découvre qu'un quartier de sa commune est pointé du doigt. « Ce serait huit cents foyers concernés, précise-t-il. Je savais qu'il y aurait des difficultés, mais je ne pensais pas que Grand-Couronne pouvait être touchée », confie l'élu communiste, à la tête de la commune depuis 1995.
L'échéance du passage au numérique : mars 2010 pour Canal + et février 2011 pour les autres chaînes. « En plus de ne pas recevoir la TNT, 10 % des Couronnais n'auront plus la télévision ». Et ça, Patrice Dupray ne peut le comprendre. « Lorsque l'émetteur tombe en panne, c'est 50 à 60 coups de fil dans l'heure. Imaginez, si les Couronnais n'ont plus la télévision », ajoute Julien Dugnol, directeur de cabinet du maire. Alors, entouré de quinze autres maires de communes concernées, Patrice Dupray tente de sensibiliser les élus locaux. Les parlementaires auraient saisi le gouvernement et Didier Marie, le président du conseil général, le CSA. Et d'ici le 30 septembre, un conseil des ministres est prévu. L'ordre du jour : « Compléter la loi du 5 mars 2007 ». Une loi qui stipule que 95 % de la population nationale doit être couverte par la télévision numérique. Et les 5 % restants ? « Ça représente environ 7 000 000 de personnes », privées de télévision.
1 600 émetteurs équipés sur 3 200
Patrice Dupray et ses confrères visent, eux, « une révision de la loi pour que tous ceux qui étaient couverts par le hertzien puissent recevoir la TNT ». Deuxième objectif : dépasser le nombre d'émetteurs équipés. « Ne serait-ce qu'avec 400 émetteurs supplémentaires, la télévision numérique terrestre couvrirait le même territoire que le hertzien. »
Sur le territoire français, 3 200 émetteurs sont implantés. Pour le passage de l'analogique (chaînes hertziennes) à la télévision numérique, seuls 1 600 sont ou seront équipés en conséquence. L'équipement des 1 600 restants serait à la charge des communes. Ce qui fait d'autant plus enrager l'élu communiste. « Ça coûterait 100 000 €. Ce qui représente une part importante du budget pour les petites communes. La majorité des communes concernées. Ce n'est pas aux collectivités de payer. »
Et ironie du sort. Grand-Couronne se situe à « 2,5 km, 3 tout au plus » à vol d'oiseau, de l'émetteur des Essarts. « Le plus grand émetteur de télévision de la Haute-Normandie. » Et pourtant, certains foyers restent dans l'ombre.
Source paris-normandie.fr




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