Ardèche Disparition de fréquences radio dans l’Eyrieux : « On nous enlève une partie de notre culture ! »
Depuis le 22 juillet, certaines parties de l’Ardèche ne captent plus des stations comme France Musique en raison de la disparition de fréquences radio, faisant monter la colère dans des territoires qui voient de plus en plus le service public s’éloigner d’eux.
Pierre Brunet - 29 juil. 2026 à 11:47 | mis à jour le 01 août 2026 à 19:53 - Temps de lecture : 3 min
« C’est honteux, grossier et méprisant pour les habitants du territoire ! » Michel Benvenutto ne décolère pas depuis le 22 juillet. Ses multiples postes radio disposés dans sa maison de Saint-Sauveur-de-Montagut, dans la vallée de l’Eyrieux, ne captent plus certaines de ses émissions favorites.
Ce retraité a fait sa carrière dans les plus grands palaces de France, de La Croisette aux avenues parisiennes, avant de venir poser ses valises en Ardèche. Mélomane, il passe ses journées branché sur les postes disséminés dans les différentes pièces de sa maison. « C’est facile, l’émetteur se trouve sur la montagne juste en face ! On capte parfaitement… Sauf que maintenant, il me fait surtout un pied de nez », plaisante, amer, le Montagutien de 73 ans.
Depuis quelques jours, il ne capte plus France Musique et n’en digère pas la raison. « Radio France a rendu certaines fréquences par mesure d’économie. Ils ont évidemment choisi celle de la vallée de l’Eyrieux, pas celle de Cannes ou Juan-Les Pins (Alpes-Maritimes) ! C’est scandaleux. » Il renchérit : « Imaginez si, un jour, on décide de fermer une chaîne de télévision publique pour une partie de la population… Ça ferait plus de bruit ! »
Jusqu’à 7 heures d’écoute par jour
Le 22 juillet, c’est d’abord dans sa voiture qu’il découvre le problème : « Nous nous rendions au marché avec mon épouse et ne captions plus rien. C’était la stupeur et l’incompréhension. » En rentrant, il fait quelques vérifications : « Je tiens un tableau à jour avec les fréquences pour pouvoir m’y retrouver », indique le sympathique personnage, qui ne laisse pas sa passion au hasard.
Il joint le geste à la parole et déplie une feuille A4 sur laquelle les fréquences de France Inter, Europe 1, RTL, Ici sont inscrites. « Il s’agit des ondes de secours ! Je pouvais retrouver mes émissions en cas de souci avec la principale. Mais là, c’est terminé pour France Musique. » Michel Benvenutto a eu beau tenter de bidouiller une antenne pour capter le signal depuis l’Escrinet, la qualité est bien trop médiocre.
« Terminé les anecdotes sur les musiciens, les moments de savoir entre les morceaux… On nous enlève une partie de notre culture ! » s’exclame le passionné qui écoute les programmes jusqu’à 7 heures par jour mais n’envisage pas de passer au numérique.
« Le DAB + ? Il n’y a pas d’émetteurs ! »
La raison de sa colère ne s’arrête pas là : « On nous dit qu’il faut passer au DAB + (radio numérique terrestre) à longueur de journée mais j’en ai un dans une de mes voitures, il n’y a rien qui passe dans le secteur. Et avant qu’il y ait des émetteurs dans la vallée de l’Eyrieux, il va se passer du temps ! »
Le mélomane va devoir se rabattre sur son impressionnante collection de CD « mais ce n’est pas la même chose. On nous dit qu’ils doivent faire des économies mais quand on a entendu ce qu’il s’est dit lors de la récente commission sur l’audiovisuel public, on peut trouver d’autres solutions avant de priver les gens de leurs émissions. ». La fin définitive de la radio FM est programmée pour 2033.
D’après Légifrance, « la fin de la diffusion de France Musique en FM au Cheylard (vallée de l’Eyrieux, Ardèche) a eu lieu le 21 juillet 2026, suite à une décision de Radio France d’abandonner cette fréquence pour des raisons économiques et de transition numérique. »
(Source https://c.ledauphine.com/societe/2026/07/29/disparition-de-frequences-radio-dans-l-eyrieux-on-nous-enleve-une-partie-de-notre-culture)




